Octobre - Novembre 2013

Mort de JFK : 50 ans de culture conspirationniste

Le 22 novembre 2013, on fêtera – si l’on peut dire – les 50 ans de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Mais si, souvenez-vous : Dallas, le couple présidentiel, Lee Harvey Oswald, la commission Warren… Depuis 1963, on ne compte plus les publications réfutant la conclusion officielle. Un demi-siècle plus tard, on s’attend déjà à une avalanche de livres, de films, de documentaires et de rééditions en tous genres autour du mystère JFK.

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Et si de nombreux livres sont sortis sur le sujet, c’est que la mort de JFK est clairement devenue une industrie à part entière. Avec comme coup de départ la publication du rapport de la commission Warren, directement septième au classement de ventes de livres du New York Times.

En 1966, c’est le livre Rush To Judgment écrit par le juriste Mark Lane qui retient l’attention des lecteurs. Sa critique de la version officielle repose sur le fait que la Commission Warren, a “souvent choisi de s’appuyer sur des preuves qui étaient parfois manifestement plus faibles que la preuve contraire qui a été rejetée.”

Depuis sa publication, ce livre se serait vendu à des millions d’exemplaires.

De la théorie finement échafaudée par de brillants notables proches de l’establishment aux Martiens armés de catapultes, on aura tout lu sur le sujet lors de ces 50 années d’incertitude fantasmée. Mais d’autres publications, au contraire, ont fermement appuyé la théorie officielle.

On retient le livre de Gerald Posner sorti en 1993, Case Closed, qui appuie fermement la thèse de la Commission Warren. Selon lui, l’assassinat de Kennedy est devenu “un véritable jeu de société” : “Qui a tué JFK ?” Et tu te sens libre de participer et de répondre “Oh ! C’est la mafia. Oh ! C’est le KGB”… sans aucune gêne”, se moque-t-il.

Carrie meets JFK

Même Stephen King s’y est collé. En mars 2013, l’auteur de Shining a publié 22/11/63, sa propre version des faits de l’assassinat du président. 930 pages de road-movie où l’écrivain dépeint plus que la mort d’un homme, mais celle d’une Amérique rêvée alors par des millions de gens, où tout est possible.

Dans le cinéma aussi, évidemment, il y a du lourd. On a évidemment en tête le blockbuster d’Oliver Stone JFK. Un âpre tournage et de vives critiques à sa sortie ne lui ont pas rendu la tâche facile. Pourtant, le film remporte de nombreuses récompenses, dont l’Oscar du meilleur film en 1992. “Il a rendu ce genre de conspiration paranoïaque respectable” fulmine pourtant l’écrivain Arthur Goldwag, auteur de Cults, Conspiracies, and Secret Societies, un ouvrage visant à tourner les théoriciens du complot au ridicule.


attention - sortie reportée en 2014 !

 

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Assassinat de JFK: l'introuvable «piste française»

Dans son dernier livre, «Qui n'a pas tué John Kennedy?», le journaliste Vincent Quivy décrit comment un article d'un journal français confidentiel a alimenté la théorie selon laquelle l'OAS était coupable de la mort du président américain, le 22 novembre 1963 à Dallas. Bonnes feuilles.

Auteur de plusieurs essais, le journaliste et historien Vincent Quivy démonte dans son dernier livre, Qui n'a pas tué John Kennedy?, qui vient de paraître aux Editions du Seuil, les innombrables théories du complot et spéculations échafaudées autour de l'assassinat du président américain, il y a cinquante ans à Dallas. Le texte qui suit constitue une version largement abrégée et légèrement remaniée, avec l'aimable accord de l'auteur et de son éditeur, du chapitre 14 du livre, «Nous les Français», qui revient sur la «piste OAS». Les intertitres sont de la rédaction de Slate. J.-M.P.
 
  • Essai | poche | Nouveau Monde Éditions | septembre 2013

 

 
 
Dallas, le 22 novembre 1963. John Fitzgerald Kennedy est abattu à 12h30, devant des millions de téléspectateurs.Dallas, le 22 novembre 1963. John Fitzgerald Kennedy est abattu à 12h30, devant des millions de téléspectateurs. Le polar du siècle vient de commencer, avec ses politiciens douteux, ses truands cyniques, ses flics fiévreux, ses millionnaires pleins de haine, ses crapules d’extrême-droite, ses gardes du corps inertes, ses voyous des bas-fonds, ses faux coupables, ses fous et ses justes. De l’arrivée à Dallas à l’enterrement de JFK à Washington, c’est le dernier jour qui est raconté. Il n’y a rien à prouver ou à démontrer, aucun couteau à affûter, nul argument à effiler, personne à convaincre. Ce livre n’est pas une enquête sur un complot. Ni un roman. Ni une fresque littéraire sur un drame resté dans l’histoire. C’est tout cela à la fois.
 
 François Forestier, journaliste mythique du Nouvel Observateur, est l’auteur de nombreux ouvrages dont JFK et Marylin qui a été un best seller et Un si beau monstre, consacré à Marlon Brando, chez Albin Michel.
  • Biographie| broché | Albin Michel | septembre 2013

 

 
  • Biographie | relié | Grund | septembre 2013


John Fitzgerald Kennedy de Frédéric Martinez chez Perrin (sortie prévue en septembre)

La vie de John Fitzgerald Kennedy n’a été qu’ombres et lumières ; des lumières d’un incroyable éclat et des ombres d’une noirceur inquiétante, comme autant de signes d’une destinée tragique.
Véritable caméléon, JFK aura toute sa vie admirablement joué le rôle que d’autres lui ont attribué, et en premier lieu son père. Un père à l’ambition dévorante qui, tel un démiurge, façonne les garçons du clan en hommes de pouvoir.
Mais JFK n’est pas qu’une simple marionnette, il est doté d’une grande intelligence et d’un charisme hors du commun, rien ni personne ne lui résiste, surtout pas les femmes. Il transforme le médiocre en excellence, un corps malade en un corps triomphant…
Grâce à de nouveaux éléments peu connus du public français et refusant tout autant l’idolâtrie que le sensationnalisme, Thomas Snégaroff dresse le portrait sensible d’un homme dont le destin continue, un demi-siècle après sa mort, de nous fasciner.

Thomas Snégaroff, historien et enseignant à Sciences Po-Paris, est spécialiste de la présidence américaine. Son précédent livre, L’Amérique dans la Peau. Quand le président fait corps avec la nation (Armand Colin, 2012), a été adapté en documentaire pour Arte. Thomas Snégaroff est également chroniqueur sur France info et tient un blog sur l’actualité politique américaine sur le site Rue89.clair.gif

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Kennedy - Chronique d'un destin de Jacques Lowe chez Gallimard
(26 septembre)

 

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Mais aussi en septembre

John F. Kennedy - Une vie en images de Yann-Brice Dherbier et Pierre-Henri Verlhac chez Phaidon (sortie prévue en septembre)

Jackie Kennedy - Pouvoir et fortune de Bertrand Meyer-Stabley chez Pygmalion (sortie prévue en septembre)jackie10.jpg

Octobre

Anatomie d'un assassinat de Philip Shenon aux Presses de la Cité (12 octobre)anatom10.jpgSortie fin octobre club-3.jpg

 

Description de l'ouvrage

Date de publication: 3 octobre 2013 | Série: HISTOIRE
 
Écrite par le spécialiste français de l'histoire des États-Unis, cette biographie de Kennedy nous aide à mieux percer les mystères qui entourent, encore aujourd'hui, cette personnalité complexe.
Le 22 novembre 1963, John F. Kennedy était assassiné à Dallas. Si les années ont passé depuis ce drame, le 35e président des États-Unis ne cesse pourtant d'être présent dans la mémoire collective mondiale. C'est que, sur l'homme, sa politique, sa vie intime, sa tragique disparition, l'ombre du mystère continue de planer.
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labro.jpg"On a tiré sur le Président"
Philippe Labro
Gallimard
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JFK et l'indicible

Pourquoi il est mort et pourquoi c'est important de Ramzy Baroud chez Demi Lune
(4 octobre)jfk-co10.jpgCommande club-6.jpg

 
  • Essai | broché | Cavalier Bleu Eds | octobre 2013

 

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  • Essai | broché | Broquet Eds | octobre 2013

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La collection Folio Biographies est assez inégale, comme de nombreuses autres du même type. Il faut faire attention à qui écrit pour être pleinement satisfait... ce tome dédié à Kennedy, signé Vincent Michelot, agrégé d'anglais, professeur d'histoire politique des Etats-Unis à Sciences Po, fait plutôt partie des bons volumes.
 
L'hypothèse développée par Vincent Michelot est que le court mandat de Kennedy comme président représente une transition à la fois pendant la guerre froide, entre les deux blocs, mais aussi sur un plan intérieur. Le règne de F.D. Roosevelt marque l'amorce d'un changement américain vers la modernité, mais celle-ci n'est pas encore inscrite dans la loi et le système politique des Etats-Unis. Les deux grands partis, démocrate et républicain, sont de grosses machines, dominées par des Blancs mâles, quasi médiévales. L'élection de Kennedy, âgé seulement de 43 ans, catholique de sucroît, est donc en soi un bouleversement. En 1960, les Etats-Unis restent sous la coupe d'un pôle conservateur de représentants élus qui n'ont pas encore acté de l'aspiration des Noirs à exercer pleinement leurs droits civiques ; en outre, Eisenhower a dénoncé, avant de quitter ses fonctions, le "complexe militaro-industriel" qui prendrait d'autant plus d'importance avec la guerre froide... à la fin de la décennie 1960, les Etats-Unis ont effectué le virage vers la modernité et ressemblent déjà plus à ce que seront ceux de Barack Obama. Pourtant, ce virage doit autant à Lyndon Johnson, le successeur de Kennedy, et à sa "Grande Société", qu'à JFK lui-même. En réalité, les deux présidences se suivent et se complètent : Kennedy a plus marqué la scène sur le plan extérieur, Johnson sur le plan intérieur, comme deux volets complémentaire de l'incarnation de l'Etat américain. Les deux hommes symbolisent l'exception  de la fonction présidentielle américaine. La fin tragique de Kennedy conduit à ce que sa présidence passe rapidement au range de mythe, d'autant plus que les présidents américains sont souvent comparés. Pour Vincent Michelot, Kennedy marque les esprits car il tourne les conventions pour mieux les faire imploser de l'intérieur : c'est ainsi qu'il procède avec le parti démocrate encore largement tributaire des "Dixicrates" (les démocrates sudistes ségrégationnistes). Et Kennedy se construit également par rapport à la figure de son père, de son milieu d'origine, de ses racines irlandaises et catholiques.
 
Kennedy a manoeuvré avec le pôle conservateur pour faire passer quelques projets importants sur le plan intérieur : le programme spatial, les mesures en faveur des handicapés, le Peace Corps, des baisses d'impôts. En revanche, il ne peut prolonger l'action de l'Etat-Providence tel que l'avait conçu Roosevelt : le barrage est infranchissable. C'est Johnson, plus en faveur auprès des Dixiecrates, qui arrive à légiférer sur l'assistance aux pauvres, sur la couverture médicale, et d'autres projets sociaux. Johnson, profitant de l'émotion suscitée par l'assassinat de Kennedy et par l'avance obtenue aux élections de 1964, parvient aussi à capitaliser sur l'action en faveur des droits civiques. Sur le Viêtnam, Kennedy en a fait un théâtre de choix de containment face au communisme plutôt que le Laos voisin : pour citer Bundy, conseiller national à la sécurité, Kennedy s'engageait au Viêtnam car il ne s'agissait pas d'être bête, Johnson car il ne s'agissait pas d'être lâche.
 
Peut-être, d'ailleurs, que Vincent Michelot n'insiste pas assez sur ce dernier point -la politique de Kennedy en Asie du Sud-Est : on peut le regretter. De la même façon, il choisit de ne pas aborder la question de l'assassinat de Kennedy, ce qui est plus logique car son propos porte sur le personnage lui-même, son parcours avant et pendant sa présidence, et beaucoup a été dit sur le sujet. J'aurais aimé cependant qu'il y revienne un peu. La bibliographie, citée après la conclusion, est essentiellement anglophone, ce qui est classique pour un tel sujet. Une lecture qui reste stimulante et qui est une excellente introduction à JFK.
 

Mais aussi en octobre

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Texas justice : qui a tué JFK ?

William Reymond (Auteur), Tom Bowden (Auteur) - Essai (broché)

Novembre

Et si ... JFK n'avait pas été assassiné en 1963 ? de Luc Mary chez les Editions de l'Opportun (sortie prévue en novembre-décembre)

 

 



Cet article paraîtra le 6 novembre 2013.moisy.jpg

Kennedy ou l'invention du mensonge de Stéphane Trano chez Archipel (6 novembre)mensonge.jpg

Novembre

une-jo10.jpgDallas - Une journée particulière de Christian De Metter chez Casterman (6 novembre)

Dallas le 22 novembre 1963. La journée vue par Jackie Kennedy

22 novembre 1963, la date est historique : ce jour-là, le monde entier apprend que le président John Fitzgerald Kennedy vient d’être abattu en public lors d’une visite à Dallas, Texas. Cinquante ans exactement après cet événement de portée planétaire, l’affaire de Dallas continue à fasciner, et le mystère reste entier : même si un coupable « officiel » et controversé, Lee Harvey Oswald, a bien été désigné et lui-même abattu, qui exactement a tué le président américain, et pour quels motifs ? Le 22 novembre 2013, jour anniversaire de l’attentat, Arte diffusera un documentaire inspiré par cet événement sanglant : Dallas, une journée particulière, qui sera rapidement prolongé par un DVD. Fasciné depuis toujours par toutes les facettes du mythe américain, Christian De Metter a conçu à partir de ce documentaire une série de vingt-cinq peintures elles aussi inspirées par la tragédie de Dallas et son environnement. À ce travail graphique de haut niveau fait écho un texte du réalisateur Patrick Jeudy, qui évoque lui aussi la dimension exceptionnelle, à tous points de vue, de cet événement majeur de notre histoire récente. Leur création commune, sous la forme d’un beau livre illustré au format à l’italienne également intitulé Dallas, une journée particulière sortira en librairie à la même période que le documentaire. Cette publication s’accompagnera d’une exposition dans une galerie parisienne.

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Date de dernière mise à jour : 22/01/2017