50 ans après, la Kennedy nostalgie

Les Américains célèbreront dans un mois le 50e anniversaire de l'assassinat du président John Kennedy. Mémoire et business font bon ménage tandis que la théorie du complot connaît toujours autant d'adeptes.

KGB? Mafia? Un demi-siècle après, l'Amérique n'a pas trouvé de réponse définitive à l'assassinat d'un président fauché sous le soleil de novembre. La tragédie obsède le pays comme un deuil impossible, alimentant d'inépuisables théories sur l'identité des commanditaires. Le mois anniversaire à venir sera synonyme d'un bain de nostalgie pré-Vietnam, époque révolue d'une Amérique sûre de sa puissance.

Signe fort de cette "kennedymania", le memory business, la chasse aux objets souvenirs ayant appartenu au 35e président, a démarré cette semaine à New York, avec l'exposition de deux drapeaux et d'un rocking-chair installés dans le bureau Ovale quand JFK était en exercice. En tout, une centaine d'objets - jusqu'à des notes écrites par Kennedy à l'époque du lycée - seront vendus aux enchères à Dallas, le 23 novembre.
Dallas, comme une évidence, sera l'épicentre de cette vague de "Kennedy blues" qui étreint l'Amérique jusqu'au morbide.

La principale cérémonie démarrera au 5e étage du Dealey Plaza, l'immeuble d'où les tirs ont retenti. À 12h25, le glas sonnera dans toutes les églises de la ville, suivi par une minute de silence à 12h30, heure exacte des tirs. La commission des archives du Texas exposera pour la première fois, à partir de mardi, les habits ensanglantés du gouverneur Connally, situé à l'avant de la limousine lors de l'attentat et lui aussi touché par une balle. Seront également montrés les objets qui furent confisqués à Lee Harvey Oswald lors de sa mise au dépôt. Dans la capitale fédérale Washington ainsi qu'à Boston dans le Massachusetts, fief du clan Kennedy, de nombreuses expositions dans les musées sont prévues. Le programme du président Obama pour cette journée spéciale reste encore à déterminer.

Oliver Stone et le complot

Quant aux sceptiques du rapport de la commission Warren, ils se sont donné rendez-vous ces trois derniers jours à l'université Duquesne de Pittsburgh. Là-bas, officie le Dr Wecht, un légiste en croisade contre la théorie du tueur isolé. Il a réuni un symposium d'experts dont le chirurgien McClelland, présent dans la salle d'opération de l'hôpital Parkland, à Dallas, où a été transporté le corps agonisant du président, et Oliver Stone, réalisateur du film JFK (1991) qui a propagé sur les grands écrans de la planète la thèse du complot. Le film sera reprogrammé dans de nombreux cinémas le 22 novembre.

Parkland, coproduit par Tom Hanks avec Billy Bob Thornton en agent des services secrets, n'a pas connu le même succès. Sa sortie nationale, repoussée au 4 octobre pour éviter la concurrence de blockbusters et coller davantage à la date anniversaire, n'a pas convaincu le public avec seulement un demi-million de dollars de recettes. En revanche, Killing Kennedy, dernier ouvrage du chroniqueur ultraconservateur de Fox News Bill O'Reilly, s'est vendu à plus de 100.000 exemplaires dès sa première semaine de sortie. Un téléfilm a été adapté - avec Rob Lowe dans le rôle-titre - et sera diffusé sur la chaîne National Geographic, le 11 novembre.

Lire aussi l'interview de l'expert légiste Cyril Wecht :
"Personne ne sait où se trouve le cerveau de Kennedy" 

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Date de dernière mise à jour : 23/10/2013