les éléments douteux de l'affaire

La mort tragique du président des Etats-Unis, le 22 novembre 1963 à Dallas, a engendré de nombreuses suppositions. Si le personnage de John Fitzgerald Kennedy, sa popularité, son mythe, ne sont pas étrangers à ce déferlement théorique, les circonstances de sa mort et les nombreux éléments équivoques qui l'entoure contribuent à perpétuer indéfiniment le postulat "conspirationiste".

Bien que la grande majorité des éléments litigieux aient été éludés par des partisans de la version officielle des zones d'ombre ont longtemps alimenté l'idée d'un complot contre JFK.
François Carlier, défenseur de la thèse officielle et auteur de "Elm Street. Oswald a tué Kennedy !" (Publibook, 2008) ainsi que Marcel Dehaeseleer, partisan de la théorie de la conspiration et auteur d'un site remarquablement documenté sur les sources photographique de l'assassinat reviennent sur cinq points d'achoppement de l'affaire :
 

- L'assassin :

 
Lee Harvey Oswald pose avec la carabine Mannlicher-Carcano (Sipa)
"À lui tout seul, Lee Oswald est un mystère à éclaircir", explique François Carlier. " Il a fait partie du corps des Marines, il en est parti volontairement et brusquement, il est parti s'installer en URSS en pleine guerre froide. Il a menacé de renoncer à sa citoyenneté américaine, il a trouvé un travail, puis a décidé de revenir aux Etats-Unis, après avoir épousé une Russe. De retour, il fait plusieurs métiers, vit pendant un temps à La Nouvelle Orléans et semble avoir noué des contacts avec des gens qui sont idéologiquement ses ennemis, il s'engage dans un combat politique d'ultra-gauche, hostile à la politique de son pays, il achète un fusil sous un faux nom, il est en possession d'une fausse carte d'identité sur lui lors de son arrestation, etc. Non, vraiment, il n'est pas banal, ce Lee Oswald."
Partisan de la théorie du tireur unique, François Carlier, qui le temps d'un instant, a bien voulu se placer dans la peau d'un "conspirationniste", s'empresse de clarifier : "Qu'Oswald ait eu une jeunesse agitée et qu'il fut un homme peu équilibré et qui ne trouvait pas sa place dans la société est une chose, mais cela ne prouve en RIEN qu'il ait été un agent de la CIA ou d'une autre agence".
 

- La position de la limousine présidentielle dans le cortège :

 
A l'avant de la limousine le numéro 7 indique la position dans le cortège (DR)
Pour Marcel Dehaeseleer, partisan de la thèse de la conspiration, Kennedy n'aurait jamais dû se trouver en seconde position dans le cortège. "Durant toute la campagne de Kennedy dans le Sud, l’ordre des véhicules dans le cortège était immuable. Les véhicules de presse, privée et officielle, en ouverture de cortège et la Limousine présidentielle en septième position."
C'est en effet ce qu'atteste le sticker habillé du numéro 7 sur le pare-brise de la voiture du président (photo)
 

- Le meurtre d'Oswald par Jack Ruby :

 

Jack Ruby tire sur Lee Harvey Oswald le 24 novembre 1963 lors de son transfert à la prison du comté de Dallas. (AP)
"Incontestablement, cet événement a causé énormément de doutes dans l'esprit des gens", explique François Carlier, jouant le jeu de la conspiration. "Cela parait être le signe évident qu'on a fait taire Oswald. Au sein des locaux de la police, en plein milieu d'une escorte policière, dans des conditions de sûreté maximale, le prisonnier le plus important de l'histoire des Etats-Unis se fait tuer, en direct à la télé, par un patron de club surgi de nulle part ... Qui peut croire que c'est par hasard ? C'est trop bizarre, trop suspect. On veut tous croire que c'est la mafia qui a envoyé Jack Ruby tuer Oswald pour le faire taire. C'est sûrement parce qu'il en savait trop. Il y a donc quelque chose qu'on nous cache. Oswald a peut-être été accusé à tort ? Et si c'était un bouc-émissaire ?". Mais François Carlier de rectifier: "Sans développer outre mesure ici, on peut affirmer catégoriquement que Jack Ruby a agi seul, sur un coup de colère, par haine de l'homme qui avait tué le président. Force est de constater que depuis 46 ans, malgré tous leurs efforts de tous les instants, les milliers de "complotistes" qui ont épluché le dossier n'ont jamais réussi à trouver le moindre éléments pouvant nous amener à penser qu'il en était autrement."
 

- Le célèbre film de Zapruder :

 

Le célèbre film de l'assassinat filmé par le spectateur Abraham Zapruder
Marcel Dehaeseleer se montre " dubitatif quant au côté fortuit de la réalisation de cette pièce maîtresse ayant permis de déterminer le nombre et le timing des tirs".
Selon lui, "Zapruder souffrait de vertiges, dès lors, la version officielle veut que sa secrétaire Maryline Sitzman soit montée sur le piédestal afin de stabiliser son patron durant le tournage. Or, "Abraham Zapruder nous offre un superbe plan séquence légèrement rythmé par quelques soubresauts au moment des tirs. Il est à noter que la majorité des témoins présent sur Dealey Plaza se sont jetés au sol lors des coups de feu. Zapruder – cinéaste amateur - ne perdra pas son flegme et tournera le 'film du siècle' en gardant JFK en permanence centré plein cadre ! Une prouesse et un sang froid que même les cadreurs ayant tourné en territoires hostiles n’ont pas".
Pour François Carlier, la véracité du film ne fait pas de doute. Comme il l'explique sur son site internet, "le film de Zapruder correspond exactement aux autres films et photos pris ce jour-là à Dealey Plaza". Par ailleurs, après avoir été passé au crible des experts de la commission Warren et de ses détracteurs, le film est récemment passé entre les mains des experts de Kodak "pour essayer de déterminer s'il avait été retouché. Les conclusions sont formelles : le film est authentique."
 

- La classification des documents de la commission Warren :


Durement critiqué lors de sa sortie en 1964, le rapport de la commission Warren fut déclaré secret pour une période de 75 ans (jusque 2039). Pourquoi cacher ces documents : "Le gouvernement aurait-il quelque chose à cacher ? Si tout était normal, il ne garderait rien caché.", interroge François Carlier avant d'interjeter que "si les documents ont bien été mis en réserve, ce n'est pas à la demande de la commission Warren (Earl Warren lui-même avait demandé par écrit que tout soit rendu public). C'est simplement une loi appliquée par les Archives Nationales américaines pour tous les documents fédéraux. D'ailleurs, ces documents ont été rendus publics dans les années 1990, et il n'y avait rien dedans qui montre quoi que ce soit." Une grande majorité des dossiers du rapport Warren ainsi que du House Select Committee on Assassinations a été rendue publique dans les années 1992 grâce au concours du congrès américain.

Sélim Batikhy - Nouvelobs.com

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Date de dernière mise à jour : 27/03/2017