ET S’IL AVAIT PLU CE JOUR-LÀ…

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Le sujet préféré des Québécois, c’est la météo. Et je pourrais étendre cette affirmation aux personnes du monde entier parce que, souvent, la manière la plus simple d’aborder les gens et d’avoir une conversation avec eux est de parler du temps qu’il fait.

On accorde beaucoup d’importance à la météo, car, en général, on souhaite qu’il fasse beau le plus souvent possible. Si vous vivez en Floride, par exemple, les compagnies qui produisent le jus d’orange vous assurent 300 jours de soleil par an, minimum. Par contre, si vous discutez avec les producteurs de bleuets, ils vous répondront plutôt : «On espère que nos bleuets ne vont pas geler cette année.»

Sur le plan personnel, le temps qu’il fait peut peut prendre une grande importance lors d’un événement unique (un mariage, notamment, bien que le mariage soit de moins en moins un évènement unique, mais ça, c’est une autre histoire…) pour lequel on veut qu’il fasse beau. Les photos de noces sous un parapluie sont souvent moins intéressantes que sous un soleil radieux.

Un 22 novembre 1963...

Vous vous demandez peut-être où je m’en vais avec mon introduction sur la météo, puisque, après tout, le but premier de ma chronique est de vous parler histoire et aventure automobiles. Au Québec, pourtant, aventure, auto et météo sont souvent interreliées. Demandez-le à ceux qui ont eu à traverser le parc des Laurentides avant que la route soit refaite et devienne la magnifique autoroute que l’on connaît actuellement. Les gens qui ont connu cette époque savent ce qu’est l’aventure: on y risquait vraiment sa peau.

Novembre s’en vient. Traditionnellement, il va y avoir plus de pluie. Le temps se rafraîchit, on commence à penser à nos pneus d’hiver, les amateurs de voitures anciennes remisent leur beauté à l’intérieur, car novembre n’est pas non plus le mois rêvé pour la conduite automobile au Québec.

 

Novembre s’en vient. Traditionnellement, il va y avoir plus de pluie. Le temps se rafraîchit, on commence à penser à nos pneus d’hiver, les amateurs de voitures anciennes remisent leur beauté à l’intérieur, car novembre n’est pas non plus le mois rêvé pour la conduite automobile au Québec.

Cette année, novembre signifie, pour moi et pour beaucoup de gens, le passage d'une date importante. S’il fait plutôt froid au Québec, il en est tout autrement au Texas à cette période. En novembre, dans cet État du sud des États-Unis, la température est clémente. Rappelons-nous qu’elle l’était particulièrement le 22 novembre 1963, au moment où John Fitzgerald Kennedy, trois ans après avoir été élu plus jeune président américain à 43 ans, a décidé d’aller s’y balader avec son cortège présidentiel. Il souhaitait faire mentir tous ceux qui disaient que le Texas n’était pas une terre d’accueil pour lui. L’accueil a en effet été formidable, tellement que le gouverneur de l’État, qui était installé devant lui dans la Lincoln Continental 1961 présidentielle, s’est même tourné à un moment vers le président et lui a déclaré : «Vous ne pourrez pas dire, avec un tel accueil, que les Texans ne vous aiment pas!». Jacqueline Bouvier Kennedy, qui accompagnait son mari, a dû esquisser un sourire et acquiescer, toute belle qu’elle était dans son tailleur rose.

La Lincoln est une décapotable, le ciel est bleu, le jeune couple présidentiel est magnifique, la foule est en délire et, finalement, trois coups de feu mettent fin à tout ça.

50 ans

Cela fera 50 ans le 22 novembre. Cinquante années de spéculations, de théories du complot, de films, de livres et, surtout, de questions sans réponse. La question que je me pose est la suivante: «Que serait devenue l’Amérique, et par extension le monde, s’il avait plu ce jour-là?».

Si on avait été obligé de prendre une Lincoln avec un toit dur pour protéger les occupants de la pluie? Non seulement aurait-on protégé Kennedy de la pluie, mais surtout des balles tirées par Lee Harvey Oswald ou par d’autres, si on en croit les partisans de la théorie du complot. Une averse, un simple nuage et on sauvait peut-être le président. Le nuage noir est venu plus tard et il est resté longtemps au-dessus de l’Amérique, car, à mon avis, les États-Unis n’ont plus jamais été les mêmes depuis la mort de leur jeune président.

Des jours plus sombres ont suivi et, moi, âdmirateur de Kennedy, je considère encore qu'il a été le meilleur président que les Américains ont eu la chance d’avoir.

La Lincoln, qui en passant était louée par Ford au gouvernement pour 500 $ symboliques par an, a été démontée, équipée d’un blindage et d’un toit fixe, et a continué à être utilisée par quelques présidents qui ont suivi le mandat inachevé de JFK. C’était un modèle de quatrième génération, d’une sobre élégance, qui était doté de quatre portes, dont deux portières de type «suicide» à l’arrière, produite jusqu’en 1969 et, pour information, qui a été vendue à 277 266 exemplaires.

La tristement célèbre Lincoln est aujourd’hui exposée au musée Ford de Dearborn, dans le Michigan.

Ah, que j’aurais voulu qu’il pleuve en ce 22 novembre 1963 à Dallas!

P.-S. Le 30 septembre 1955, la température était douce à Los Angeles. James Dean a donc décidé de rouler dans sa Porsche Spyder décapotable acquise 10 jours auparavant en direction de Salinas, au lieu de l’installer sur la remorque prévue à cet effet. Il est mort ce jour-là dans un accident de la route. Une autre légende était née. Voilà une autre journée où j’aurais préféré qu’il pleuve. 檭

Même pour James Dean, un jour ensoleillé a été fatal.

Un peu de pluie, un toit dur, et l’Amérique n’aurait pas été la même.

La journée avait pourtant bien commencé…

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 30/10/2013