"Le Nouvel Observateur" du 14 novembre. (Le Nouvel Observateur)

Trois coups de feu résonnent encore dans la mémoire du monde. Trois coups de feu tirés sur Dealey Plaza à Dallas, le 22 novembre 1963. Ce jour-là, le rêve d’un gouvernement juste s’est effondré avec le corps de John Fitzgerald Kennedy sur la banquette souillée d’une limousine noire. Ce jour-là, l’idée du complot s’est installée dans les esprits. Ce jour-là, l’Amérique a perdu son innocence.

Une première balle a manqué sa cible. Elle a écorné un pilier de béton et projeté un éclat de pierre qui a blessé à la joue James Tague, un passant venu voir le cortège présidentiel. La deuxième balle a frappé John Kennedy au cou. Le président a porté ses mains à sa gorge et John Connally, gouverneur du Texas, a senti une douleur terrible avant de crier : "Mon dieu, ils vont tous nous tuer!" La troisième balle a fait exploser le crâne du président, un nuage rosâtre a entouré sa tête, des éclats d’os et de cervelle ont volé alentour et son corps a été rejeté en arrière ; Jackie est montée sur le capot arrière pour ramasser un morceau de cervelle. Images obsédantes qui hantent la conscience contemporaine.

Un peu plus tard, la police de Dallas arrête dans un cinéma un jeune homme mince et brun dont le signalement correspond à celui du suspect. Interrogé, il nie. Présenté à la presse, il jette à la cantonade : "Je suis un pigeon !" Il s’appelle Lee Harvey Oswald. Le surlendemain, dimanche, Jack Ruby, un tenancier de boîte de nuit plus ou moins lié au milieu, l’abat à bout portant devant les caméras de la télévision. Le double choc laisse l’Amérique sonnée, défaite, persuadée qu’une puissance maléfique l’a prise pour cible, terrorisée par le risque de guerre qui pèse sur cette époque d’angoisse atomique.

Depuis, on a rempli des bibliothèques pour tenter de comprendre cet enchaînement de faits terrifiants. L’assassinat de l’assassin et les faiblesses de l’enquête ont suscité une montagne de théories, d’hypothèses et de spéculations. Si on a tué Oswald, c’est pour le faire taire. Si la commission Warren a mal travaillé, c’est qu’elle a caché un secret.

Pourtant, après des décennies de controverses entre tenants de la "thèse du complot" et avocats de la "thèse officielle", il est possible d’y voir plus clair. Les faits incontestables émergent et les fantasmes se dissipent.
On n’a pas tout à fait résolu le mystère de Dallas. Mais on dispose d’une explication crédible, étayée…

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Date de dernière mise à jour : 17/11/2013