JFK : 50 ans après, des mystères qui alimentent toujours la théorie du complot

Si la version officielle de la justice américaine fait endosser l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy au seul Lee Harvey Oswald, les "conspirationnistes" la remettent toujours en cause, au profit de nombreuses versions.

 

Bien avant ceux concernant le 11-Septembre, l'Amérique, friande de la "théorie des conspirations" lors des drames politiques majeurs, s'est passionnée pour les éventuels complots qui pourraient expliquer l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas, il y a tout juste cinquante ans.

Pour rappel, les conclusions judiciaires officielles rendues en 1964 par la commission Warren, du nom du président de la Cour suprême de l'époque, sont claires : selon elle, Lee Harvey Oswald a tout fomenté seul de A à Z, de l'idée jusqu'à son exécution.

Mais en raison de nombreuses zones d'ombre (absence d'autopsie, photo d'une passante montrant un probable autre tir...), cette version officielle laisse toujours sceptique : 50 ans après, selon un sondage Gallup, 61% des Américains n'adhèrent ainsi pas à la thèse du "tireur unique" -un chiffre en baisse cependant.

Ils préfèrent les nombreuses autres théories qui reviennent avec plus ou moins d'insistance depuis un demi-siècle. Voici une sélection des plus "crédibles".
 
La mafia
C'est l'une des plus répandues. Pour l'étayer, ses défenseurs se basent sur la politique de Bob Kennedy au début des années 60. Alors ministre de la Justice de son frère, il multipliait les actions contre le crime organisé, qui aurait donc cherché à se protéger en assassinant le président. Un président qui aurait également trahi de supposées promesses faites à la pègre en échange du financement d'une partie de sa campagne électorale en 1960.

L'assassinat de Lee Harvey Oswald par Jack Ruby, un gérant de boite de nuit proche de la mafia, soutient évidemment cette théorie, encore validée par environ 13% des Américains.

 

La CIA
L'agence de renseignements n'avait pas apprécié le "lâchage" du président après l'opération ratée à Cuba en avril 1961 dans la baie des Cochons.  Pire encore, la politique de détente entamée par JFK avec la Russie pouvait remettre en cause en cause une partie de ses activités.

Suffisant pour imaginer qu'elle aurait tenté -ou du moins que certains de ses membres liés à Allen Dulles, son patron renvoyé après la baie des Cochons- de se débarrasser du locataire de la Maison-Blanche, avec l'aide d'exilés cubains.  7% des Américains continuent à le penser.


Lyndon B. Johnson
C'est la théorie du crime d'Etat diligenté par le vice-président de Kennedy. Développée en 1991 par Oliver Stone dans son film "JFK" avec Kevin Costner, elle se base sur la question simple : à qui profite le crime ? A Lyndon B. Johnson évidemment. En vertu de la Constitution américaine, il est en effet devenu immédiatement président après que la mort de JFK a été constatée. Le mobile était donc tout trouvé.

Pour l'étayer, ses défenseurs mettent en avant les mauvaises relations entre les deux hommes -Kennedy aurait été sur le point de trouver un autre colistier pour la présidentielle de 1964 en raison des "casseroles" de son vice-président, impliqué dans des affaires de corruption- et le lieu. Originaire du Texas, où il a été élu plusieurs dizaines d'années, il y possédait donc de nombreux réseaux. De quoi lui permettre, selon ses accusateurs, d'organiser l'assassinat via la mafia puis de le camoufler grâce  à la CIA.  

"Avantage" de cette théorie, défendue par 3% des Américains (alors que 13% pointent plus globalement le gouvernement fédéral) : elle permet de mêler les deux premières.

 


 
Fidel Castro
C'est la théorie du crime diplomatique diligenté par Cuba, avec l'éventuel aval de l'URSS. Le "Lider Maximo" aurait cherché à se venger de la baie des Cochons puis de l'intransigeance de Kennedy lors de la crise des missiles à l'automne 1962, et plus globalement des Etats-Unis en les décapitant au plus haut niveau. Les sympathies communistes de Lee Harvey Oswald, qui ne se cachait pas d'être marxiste, viennent renforcer cette hypothèse, défendue par 5% des Américains.

Paradoxalement, Lyndon B. Johnson aurait demandé à la commission Warren d'éviter de chercher dans cette direction pour éviter un conflit, voire une 3e Guerre Mondiale, si l'implication cubaine était confirmée. Castro a officiellement démenti au milieu des années 70. Mais un documentaire allemand a relancé la "piste cubaine" il y a quelques années, tout comme quelques livres avant ce 50e anniversaire.

 

 

 

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