JFK : pour affirmer qu’il y a un complot, il faut des preuves

En 50 ans, aucun témoin crédible n’est venu apporter une preuve tangible qu’Oswald ait été manipulé. Réponse aux théoriciens du complot.

L’assassinat de Kennedy tel que je l’ai présenté, vendredi 22 novembre, dans la vidéo "Kennedy tué : oui, Oswald était le seul tireur. Voici pourquoi", et dans un long article intitulé "Quel complot ?", a suscité chez les internautes de très vives réactions. Je tenais donc à apporter quelques explications pour répondre aux critiques formulées :

- Je n’ai évidemment pas refait toute l’enquête (il y faudrait des années). J’ai voulu redresser un déséquilibre : on n’a traduit en France que les livres complotistes à divers degrés. Je me suis appuyé sur deux ouvrages, "Le Posner" et "Le Bugliosi", sérieux, complets, qui ont fait justice des thèses farfelues et rectifié bien des légendes. Ils sont facilement accessibles en anglais, de même que sont accessibles les documents de la commission Warren et de celle de la Chambre des Représentants. En France, Vincent Quivy a effectué un travail de synthèse clair, bien écrit et convaincant. Son livre, "Qui n'a pas tué John Kennedy ?", vient de sortir au Seuil. Je suggère à mes contradicteurs de le lire avant de porter des jugements péremptoires.

- Compte tenu des charges qui pèsent sur Oswald, l’explication la plus simple est la suivante : Oswald est un ancien marine politisé, plus ou moins exalté, qui sait tirer et qui assassine le président pour des raisons obscures. Il existe d’innombrables personnages exaltés aux Etats-Unis, comme dans d’autres pays, l’abondance des faits divers mettant en scène des tireurs fous l’atteste, tous les présidents américains ou presque ont été la cible d’attentats perpétrés par des exaltés, certains ont réussi, (voir Lincoln, Mac Kinley) ou failli réussir, (voir Reagan). Voir aussi l’assassinat de John Lennon.

- Oswald lit dans le journal local que Kennedy va passer sous les fenêtres du dépôt de livres où il travaille depuis un mois. Il rentre chez lui prendre son fusil (un jeudi, alors qu’il a l’habitude de rentrer chez sa femme le vendredi). C’est un Carcano acheté par correspondance (voir les faux papiers et le bon de commande). Il apporte le fusil au dépôt de livres le vendredi matin (témoignage de son voisin). Il construit un abri fait de cartons de livres (voir ses empreintes). Il tire trois fois sur Kennedy et fait mouche deux fois (c’est un fusil à lunette, on y trouve ses empreintes).

- Pour piéger Oswald, il fallait fabriquer les preuves à l’avance (la photo avec le fusil, prise à la Nouvelle Orléans, les empreintes, le tir sur Walker quelques semaines plus tôt, l’achat du Carcano, etc.). Or on ne savait pas à l’avance que Kennedy passerait à portée d’Oswald. Comment une telle machination serait-elle possible ?

- Si Oswald est innocent, pourquoi a-t-il pris la fuite et pourquoi a-t-il tué l’agent Tippit qui voulait l’interpeller ?

- Il n’y a aucune preuve tangible de l’existence d’un deuxième tireur posté derrière la palissade, seulement des photographies floues et des témoignages partiels et rares, contredits par d’autres témoins.

- L’histoire des clochards, celle du "badgeman", celle de l’homme au parapluie, celle des assassinats de témoins, ont toutes été réfutées par des experts fiables ou par "Posner" et "Bugliosi".

- Pour affirmer qu’il y a un complot, il faut des preuves. Il n’y en a pas.

- Certes, il reste des mystères et il est logiquement impossible de prouver l’inexistence de quelque chose, et donc d’un complot, de même qu’on ne peut pas prouver l’inexistence de Dieu. On peut imaginer qu’Oswald, quoique seul sur le lieu du crime, agissait pour le compte de quelqu’un ou d’une organisation. Il avait rencontré des Cubains castristes, des anticastristes, des mafieux et toutes sortes de personnages louches. Mais en 50 ans, aucun témoin crédible n’est venu apporter une preuve tangible qu’il ait été manipulé. C’est une pure hypothèse.

- Peut-être un jour cette preuve apparaîtra (comme dans l’affaire Sacco et Vanzetti, ou encore dans l’affaire des Rosenberg). Dans ce cas, je changerai d’avis. Pour l’instant, je m’en tiens à ce qui est établi.

 

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Commentaires (1)

1. frans lespagnard 14/10/2016

Très bonne synthèse des arguments qui justifient la thèse de la responsabilité unique de Oswald. On peut y ajouter que le plus souvent, seus les ouvrages contestant la thèse de la responsabilité du tueur avéré sont accessibles aux lecteurs français. Les ouvrages sérieux tels ceux que vous citez ne sont accessibles qu'en anglais, ce qui réduit déjà largement le nombre de lecteurs potentiels. On peut aussi compléter le tableau psyschologique de Oswald en rappelant qu'à l'armée, il avait déjà fait preuve d'une certaine violence à l'égard d'un autre militaire qu'il avait menacé d'une arme. Un détail peut-être anodin mais quelque peu significatif de certains traits de comportement.

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