John Fitzgerald Kennedy : Un complot cubain ?

Lee Harvey Oswald, l’assassin de John Fitzgerald Kennedy, était-il lié aux services secrets cubains ? Voulait-il impressionner leurs dirigeants ? Brian Latell, ancien analyste de la CIA, révèle des documents de l’agence de renseignement en essayant de répondre à ces questions dans son livre Castro’s Secrets : Cuban Intelligence, the CIA and the John F. Kennedy Assassination*.

elon l’auteur du livre, sorti jeudi 18 juillet aux États-Unis, Lee Harvey Oswald aurait été lié aux services secrets cubains durant les mois précédant l’assassinat du président américain, et ce bien plus que l’on ne pourrait l’imaginer.

Brian Latell affirme que des agents de la CIA avaient menti concernant ces rumeurs devant la commission du juge Warren, qui dirigeait l’enquête de l’assassinat présidentiel du 22 novembre 1963. Latell était, à l'époque, le responsable de la CIA pour l’Amérique latine de 1990 à 1994, et suivait Castro pour l’agence depuis les années 1960. Selon Brian Latell, Cuba cachait également des informations concernant Lee Harvey Oswald, comme semble le prouver une conversation entendue entre deux agents cubains, qui fut révélée plus tard dans les archives.

Latell ne suggère pas qu’Oswald ait tué John Fitzgerald Kennedy pour le compte des autorités communistes de La Havane, même il déclare que cette nouvelle preuve accrédite la théorie communément acceptée selon laquelle la véritable raison qui aurait poussé Oswald à l’acte était « le vif désir d’impressionner Fidel Castro ». Brian Latell écrit ainsi « je suis convaincu qu’Oswald voulait s’échapper à Cuba. Il adorait le pays et Castro, et voulait rejoindre la révolution ». Les nouvelles sources utilisées et partagées par Latell sont, entre autres : les journaux non-publiés de Thomas Mann, ambassadeur américain au Mexique, de même que la conversation entre les anciens agents cubains, et des documents gouvernementaux nouvellement révélés au public.

Tout le monde sait que, sept semaines avant l’assassinat du Président, Lee Harvey Oswald s’était rendu à Mexico en bus, afin de se procurer un visa de l’ambassade cubaine. Il ne l’obtint pas, mais sa visite fit polémique et créa de nombreuses questions autour de l’engagement cubain dans l’assassinat de Kennedy, Oswald étant connu pour ses inclinaisons communistes. Brian Latell l’affirme : « ce que faisait Oswald, alors qu’il était au Mexique, reste le secret le plus important, et toujours non résolu de cette affaire. »

 

 


Le grand secret motivé par la crainte d’une fronde revancharde ?

 

Les autorités américaines n’ont jamais révélé tout ce qu’elles savaient là-dessus, selon Latell, et ce probablement par crainte d’une fronde de l’opinion publique exigeant une revanche, si l’implication cubaine était démontrée.

Ce fut immédiatement après l’assassinat du Président Kennedy que l’ambassadeur Thomas Mann découvrit qu’Oswald était resté à l’Hotel del Comercio à Mexico, qui était considéré par la CIA comme une base pour les espions des services secrets cubains. Dans son journal datant de 1982, Mann révèle qu’il avait reçu cette information du directeur de la branche mexicaine de la CIA. Lorsqu’il tenta de faire connaître ce problème à Washington, le Department of State américain (Ministère de l’Intérieur) lui fit garder le silence, et mit fin à l’enquête sur le voyage d’Oswald au Mexique. Latell révèle également qu’une semaine seulement après l’assassinat, Mann était déjà certain que Cuba avait participé au crime, et qu’Oswald avait travaillé pour les Cubains dans cet hôtel. Le diplomate fut toutefois renvoyé un mois après l’assassinat, et mourut en 1999. L’auteur souligne clairement dans son livre que la CIA avait caché à la commission Warren ce qu’il s’était passé à l’Hotel del Comercio de Mexico. La commission annonça plus tard qu’il n’existait pas de preuves signifiant une implication du gouvernement cubain au complot visant à tuer Kennedy. 

Les critiques du livre se rejoignent dans leurs opinions. Timothy Naftali écrit ainsi dans son livre Blind Spot : the Secret History of American Counterterrorism** : « Personne ne s’y connaît davantage en espionnage cubain que Brian Latell. On dévore ce livre, et il ne fait pas que nous raconter des histoires fascinantes qui révèlent la force des actions cubaines dans le monde de l’espionnage, mais soulève des questions inquiétantes concernant les contacts cubains de Lee Harvey Oswald. Le lecteur se demande à la fin ce que Castro savait vraiment, et quand l’a-t-il appris ? »

Brian Latell a également écrit un autre livre sur Castro, publié en 8 langues, After Fidel***. Ses articles sur le sujet ont été publiés dans plusieurs journaux et magazines : Washington Post, Wall Street Journal, Time, Miami Herald, et Washington Quarterly. Cela semble confirmer l’opinion de Timothy Naftali sur l’expérience et les connaissances de Brian Latell en tant qu’ancien analyste de la CIA pour Cuba. Latell travaille actuellement en tant que chercheur associé à l’Institut des Études cubaines et américano-cubaines de l’Université de Miami. Il a enseigné pendant 25 ans à l’Université de Georgetown, et vit à Lancaster, dans l’État de Virginie.
 

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