Un nouveau lot de documents sur la tragédie survenue il y a plus d’un demi-siècle a été rendu public vendredi soir. Quelques dizaines de documents secrets restent toujours classifiés.

Les archives nationales US ont rendu publics vendredi plus de 3.500 documents liés à l'assassinat de John Kennedy.

 

C'est la sixième et la dernière parution de documents liés à cette affaire depuis le début de l'année, lit-on dans un communiqué des archives, soulignant qu'à ce jour «tous des documents sont publiés complètement ou partiellement», en conformité avec la législation, datant de 1992.

 

Depuis juillet 2017, 34.000 documents jetant la lumière sur l'assassinat de John Kennedy ont été rendus publics. 88 documents, qui doivent être étudiés par des spécialistes des archines nationales et d'autres structures, restent toujours classifiés. Le Président Trump a donné au FBI et à la CIA six mois, jusqu'au 26 avril 2018, pour justifier que les documents restants ne soient pas rendus publics.

John Kennedy, le 35e Président américain, a été assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas, au Texas. Le principal suspect de son assassinat est Lee Harvey Oswald, un fusilier marin, qui a été abattu deux jours plus tard dans un commissariat alors que la police s'apprêtait à le transférer vers une prison fédérale.

Les nouvelles révélations sur le meurtre de Kennedy

Jack Ruby, l’individu qui a assassiné le suspect principal de l’assassinat du Président Kennedy, aurait su bien à l’avance qu’une tentative d’assassinat était préparée, témoignent les documents déclassifiés par les Archives nationales des États-Unis et publiés sur le site de cette organisation.

De nouvelles informations, tirées des documents déclassifiés par les Archives nationales des États-Unis pourraient faire la lumière sur l'affaire de l'assassinat du 35e Président américain John F. Kennedy.

Ainsi, le politologue de l'Université de Virginie, Larry Sabato a étudié les témoignages de l'informateur du FBI qui avait confié que quelques heures avant l'assassinat de Kennedy, Jack Ruby, l'individu qui a assassiné le suspect principal de l'assassinat du Président Kennedy, l'a contacté pour lui proposer d'aller voir le défilé présidentiel et des «feux d'artifice».

«Au moment où les tirs ont éclaté, [l'informateur] était avec Jack Ruby, ils étaient au coin de l'immeuble, face à la bibliothèque scolaire du Texas. Juste après les tirs, Ruby est parti en direction du bâtiment Dallas Morning News», indiquent les documents.

 

Selon l'informateur, avant la tentative de meurtre du Président, ils ne se connaissaient pratiquement pas. Ces informations ont été remises à l'enquête seulement 14 ans après l'assassinat de John F. Kennedy, soit en avril 1977.

 

Le 9 novembre, NARA a publié la quatrième partie des documents relatifs à l'enquête de l'assassinat du 35e Président américain conformément à une loi du Congrès de 1992 exigeant que tous les documents liés au Président Kennedy soient publiés dans les 25 ans. Les archives avaient déjà publié 3.810 dossiers le 24 juillet et encore 2.891 le 26 octobre.

Le Président Donald Trump a donné au FBI et à la CIA six mois, jusqu'au 26 avril 2018, pour justifier que les documents restants ne soient pas rendus publics.

 
 
 
 
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Avant l'assassinat de JFK, le tueur de Oswald a proposé à un informateur de voir le «feu d'artifice»

Des documents récemment déclassifiés par le FBI montrent que Jack Ruby, l'homme qui a abattu Lee Harvey Oswald, avait proposé à un informateur de regarder le «feu d'artifice» quelques heures avant l'assassinat du président Kennedy en 1963.

Jack Ruby, l'homme qui a abattu Lee Harvey Oswald, était-il au courant du projet d'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy (JFK) ?

L'un des 10 744 documents secrets du FBI portés à la connaissance du public le 17 novembre détaille le témoignage intriguant d'un informateur des services secrets à sa hiérarchie au sujet de Jack Ruby. Dans une lettre datée du 6 avril 1977, près de 14 ans après l'assassinat du président américain, un responsable du FBI raconte que le tueur de Lee Harvey Oswald avait passé un coup de fil intriguant peu avant l'assassinat du président américain le 22 novembre 1963.

«L'informateur a déclaré que, le matin de l'assassinat [de JFK], Ruby l'avait contacté et lui avait demandé s'il voulait "aller voir le feu d'artifice"», peut-on lire dans le document.

Bob Vanderslice : le chaînon manquant ?

D'autres documents révèlent que l'informateur, un certain Bob Vanderslice de Dallas, et Jack Ruby étaient allés ensemble assister au passage du président, le 22 novembre 1963. Ils se trouvaient tous les deux sur les lieux du drame au moment de l'assassinat. Immédiatement après celui-ci, Jack Ruby n'aurait rien dit à l'informateur et aurait rapidement quitté les lieux, partant en direction du bâtiment abritant le journal Dallas Morning News.

L'ex-membre des marines, Lee Harvey Oswald, a été arrêté pour l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy et devait être transféré du palais de justice au centre de détention, lorsqu'il a lui-même été abattu par Jack Ruby, la veille des funérailles du président, deux jours après le meurtre de Dallas. Jack Ruby, patron de boîte de nuit, a alors été envoyé en prison où il est mort le 3 janvier 1967. Il y a côtoyé Bob Vanderslice qui a lui aussi été emprisonné à Dallas pour une affaire sans rapport avce l'assassinat de JFK, selon les documents déclassifiés.

Jack Ruby a affirmé à son procès qu'il avait tué Lee Harvey Oswald sur un coup de folie.

La commission Warren qui a été spécialement diligentée pour enquêter sur les circonstances de la mort du président américain a conclu que Lee Harvey Oswald avait agi de son propre chef, sans aide extérieure, tout comme Jack Ruby.

 

Les archives nationales américaines ont rendu public des milliers de documents liés à l'affaire depuis le 27 octobre, sur ordre du président Donald Trump. Mais ces documents n'ont pas permis d'établir de lien entre Lee Harvey Oswald et la CIA.

Lire aussi : L'administration américaine dévoile plus de cinq millions de documents sur l'assassinat de JFK

Philippe Labro : deux questions sur les archives Kennedy

Le journaliste et écrivain aborde cette semaine le thème de la déclassification des archives de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

Le 22 novembre 1963, un bruit sourd, retentissant sur Dealey Plaza, une place à Dallas dans le Texas, bouleversa à jamais l'histoire des États-Unis d'Amérique. Touché en pleine parade présidentielle, le 35e président américain, John F. Kennedy, était abattu. Ce vendredi fatal continue de fasciner non seulement les États-Unis, mais aussi le reste du monde. Ce jeudi, Donald Trump autorise la déclassification des dernières archives nationales de ce drame.

Que contiennent ces documents ? C'est la première question que se pose Philippe Labro, qui était présent à Dallas quelques heures après le tir sur le cortège présidentiel. L'assassinat de Kennedy, objet de toutes les extrapolations, va bénéficier ce jour d'un nouvel éclairage. Les dernières archives de l'enquête encore classées « top secret » doivent ainsi être déclassifiées. Pour l'écrivain, ces documents pourraient révéler « l'incompétence ou la complicité de la CIA autour d'Oswald (le principal suspect du meurtre, abattu le surlendemain à sa sortie du poste de police, NLDR) » et démontrer « comment l'agence centrale de renseignement l'a supervisé ou l'a laissé faire ». Des révélations embarrassantes, qui risquent d'ébranler lourdement l'image de l'agence américaine.

Deuxième question : pourquoi Donald J. Trump en parle-t-il autant ? Pour l'actuel président des États-Unis, il s'agit évidemment de « montrer qu'il est concerné par ce que 60 % des Américains considèrent comme un complot », analyse Philippe Labro. D'après un sondage réalisé à l'occasion du cinquantenaire de la mort de John F. Kennedy, en 2013, 61 % des sondés ne croyaient pas que le tireur Lee Harvey Oswald soit le seul coupable. Et d'ajouter : « C'est un nuage de fumée » qui lui permettra d'écarter l'enquête sur ses liens avec les Russes durant la campagne électorale. Alors, bientôt la fin du mystère JFK ? Philippe Labro ne se fait aucune illusion.

Publication des "JFK Files" : beaucoup de bruit pour rien

La mise en ligne, jeudi soir, de près de 3 000 documents relatifs à l’assassinat de l’ancien président américain John F. Kennedy a donné lieu à quelques révélations, mais pas de quoi mettre fin aux théories du complot.

Donald Trump avait pris un malin plaisir à faire monter la pression mais comme dirait Jacques Chirac : l’effet escompté a fait "pschitt". Depuis le 21 octobre et l’annonce de son intention de publier les dernières archives classifiées concernant l’assassinat de John F. Kennedy, le président américain faisait pourtant tout pour préparer l’opinion à quelque chose de sensationnel.

 

"La tant attendue publication des archives concernant JFK se fera demain. Tellement intéressant !", a ainsi tweeté Donald Trump le 25 octobre. Puis le lendemain : "Au final, il y aura une très grande transparence. J’ai l’espoir de tout divulguer au public !". Pourtant, l’ancien animateur du jeu de télé-réalité The Apprentice a été contraint de repousser de six mois la publication de certains documents jugés trop sensibles par la CIA et le FBI.

 

Sur les 3 100 dossiers encore secrets, ce sont 2 891 documents qui ont été mis en ligne le 26 octobre sur le site Internet des Archives nationales américaines. Les historiens, journalistes et citoyens passionnés par l'assassinat de JFK ont donc de quoi occuper leurs journées pour un bon moment.

Les informations inédites les plus intéressantes ont rapidement été relevées par la presse : l’assassin de Kennedy, Lee Harvey Oswald, tout comme l’homme qui le tua le 24 novembre, Jack Ruby, étaient déjà connus du FBI. Oswald était en contact avec un espion du KGB de l’ambassade russe de Mexico. La veille du meurtre d’Oswald par Jack Ruby, le FBI avait prévenu la police de Dallas que la vie d’Oswald était en danger. Les Soviétiques attribuèrent l’assassinat du président américain à un complot fomenté par l’extrême droite américaine ou par le vice-président Lyndon Johnson et craignaient qu’un "général irresponsable" ne profite de ces moments de troubles pour tirer un missile sur l’Union soviétique. Le FBI comprit rapidement que de nombreuses théories du complot risquaient de voir le jour. Un journaliste britannique du Cambridge Evening News reçut un appel téléphonique anonyme de vingt-cinq minutes avant l’assassinat de Kennedy pour lui indiquer d’appeler l’ambassade américaine à Londres car un événement majeur allait bientôt se produire.

 

Mais au-delà de ces quelques révélations, il va désormais falloir regarder à la loupe ces nouvelles archives mises en ligne jeudi soir. Conscients de l’ampleur de la tâche, plusieurs médias ont fait appel à leurs lecteurs pour les aider à éplucher les quelque 3 000 documents. C’est le cas notamment du New York Times ou du Guardian. D’autres ont choisi de se concentrer sur les documents manquants, comme WikiLeaks qui promet une récompense de 100 000 dollars pour tout document non publié et compromettant.

"Personne ne va abandonner sa conviction qu'un complot a été ourdi"

Une chose est sure : ceux qui espéraient trouver dans les "JFK Files" le nom d’éventuels commanditaires de l’assassinat du 35e président des États-Unis peuvent toujours attendre. Les documents publiés ne disent rien sur le séjour d’une semaine d’Oswald au Mexique deux mois avant l’assassinat de Kennedy. Le dossier concernant J. Walton Moore, le chef de la CIA à Dallas au moment des faits, n’a pas non plus été publié. Tout comme celui mentionnant Gordon McClendon, un homme d’affaires de Dallas ayant discuté avec Jack Ruby juste avant que ce dernier ne tue Oswald.

Donald Trump a donné jusqu'au 26 avril 2018 aux services de renseignement pour vérifier les documents jugés sensibles non publiés et en censurer, le cas échéant, les parties les plus délicates. "Je n'ai pas d'autre choix, aujourd'hui, que d'accepter qu'on les étudie plutôt que de permettre une atteinte potentiellement irréversible à la sécurité de notre nation", a-t-il souligné.

>> À lire : Les théories du complot concernant le meurtre de Kennedy toujours en vogue aux États-Unis

Au final, alors que plus de la moitié des Américains estiment que Lee Harvey Oswald n’était pas l’unique tireur le 22 novembre 1963, selon de nombreux sondages Gallup réalisés ces cinquante-quatre dernières années, les archives publiées jeudi ne devraient pas mettre fin aux théories du complot. Bien au contraire.

"Personne ne va abandonner sa conviction qu'un complot a été ourdi parce que la publication des dossiers ne le prouve pas. Ils diront simplement qu'ils ont été détruits ou dissimulés", a déclaré à l’AFP Gerald Posner, auteur de Case Closed, une enquête ayant conclu qu’Oswald avait agi seul.

Assassinat de JFK : les documents secrets dévoilés

L'assassinat de John Fitzgerald Kennedy alimente toujours les fantasmes autour d'un complot. Avec la publication de plus de 3 000 documents top secret ce jeudi 26 octobre, le mystère va-t-il prendre fin ? Le 35e président des États-Unis est tué le 22 novembre 1963. Lee Harvey Oswald a-t-il agi seul ? La CIA était-elle au courant ? Ces documents jusque-là conservés aux archives nationales sont accessibles au public à compter d'aujourd'hui.

Aucune révélation majeure ?

Selon Jack Tunheim, juge fédéral, qui a eu accès aux "JFK Papers", il ne faut en attendre aucune révélation majeure. "Les gens ont envie de penser qu'il y a une conspiration derrière ce crime. Ils ne croient pas à l'histoire de ce pauvre type de 24 ans qui a voulu faire parler de lui. Mais ceux qui espèrent que ces documents contiennent une révélation majeure seront surement déçus", assure-t-il. Depuis le début, des centaines d'articles, de livres, de documentaires ont alimenté la thèse de la conspiration. Mais c'est le succès du film d'Oliver Stone "JFK" en 1991 qui forcera le gouvernement à faire voter une loi, promettant la déclassification de tous ces dossiers 25 ans plus tard.

 

Dossiers JFK : 50 ans plus tard, un assassinat qui fascine toujours

Le 22 novembre 1963, la mort de John Fitzgerald Kennedy, 35e président des États-Unis, bouleversa le monde. Plus de cinquante ans plus tard, l'assassinat de l'Américain est encore au cœur de bien des fantasmes et fascine toujours. Vendredi, l'administration américaine a enfin publié les millions de documents, classés confidentiels depuis des décennies, autour de l'assassinat du président JFK. Des dossiers qui révèlent certes quelques détails sur cet événement majeur du XXe siècle, mais qui ne remettent pas en question la version officielle.

 

Plus d'un demi-siècle après la mort de JFK à Dallas, au Texas, 2 891 dossiers ont été postés sur le site des archives nationales, accessibles en un clic. Mais le président Donald Trump a repoussé de six mois la divulgation de documents jugés trop « sensibles », ce qui risque d'alimenter le flot intarissable des théories du complot. Les experts n'attendent pas de grandes révélations dans les plus de cinq millions de documents publiés, qui prendront des mois à être épluchés.

« Les dossiers JFK sont publiés avec attention. Au bout du compte, il y aura une grande transparence. J'ai espoir de porter quasiment tout à la connaissance du public ! » a tweeté Donald Trump vendredi matin. Dans la soirée, il a affirmé sur le réseau social : « Je publierai TOUS les dossiers Kennedy à l'exception des noms et adresses des personnes mentionnées toujours vivantes », disant agir notamment pour « éteindre toutes les théories du complot ».

Des pistes multiples

Certains documents remontent à 1962, soit un an avant l'assassinat du 35e président américain imputé à Lee Harvey Oswald, un ancien marine ayant agi seul, selon la commission Warren chargée de l'enquête. Ils exposent les intrigues de l'époque, avec par exemple un complot ourdi au début de la présidence du démocrate par la CIA qui a offert au chef mafieux Sam Giancana 150 000 dollars pour éliminer Fidel Castro. Également le fait que la police fédérale (FBI) était au courant d'un plan pour assassiner le tueur de Kennedy ou encore les soupçons de Moscou sur une conspiration fomentée par l'extrême droite américaine contre JFK. Mais la plupart ne sont que des comptes rendus d'agents fédéraux sur de fausses pistes.

Si plusieurs théories ont fait état de liens entre Lee Harvey Oswald, Cuba et l'URSS, un mémo du FBI de 1963, après l'assassinat, les contredit. Ainsi, une source explique que « les responsables du Parti communiste de l'Union soviétique pensaient qu'il y avait un complot bien organisé de la part de l'ultra droite aux États-Unis pour commettre un coup d'État ». Les Soviétiques craignaient que cet assassinat puisse servir de prétexte pour « arrêter les négociations avec l'Union soviétique, attaquer Cuba et par la suite répandre la guerre ». Ils ont insisté sur le fait qu'ils n'avaient « absolument aucune connexion » avec Oswald, qui avait fait défection en Union soviétique en 1959 et était finalement rentré aux États-Unis en 1962.

Des informations déjà connues pour la plupart

Donald Trump a donné aux services de renseignements jusqu'au 26 avril 2018 pour passer au crible les documents jugés sensibles et en censurer les parties les plus délicates. Il s'agit notamment de protéger les informateurs du renseignement et de la police, ainsi que les « activités menées avec le soutien d'organisations étrangères », précise une source sous couvert d'anonymat. « J'ai été très déçu », a confié vendredi à l'Agence France-Presse Philip Shenon, auteur de A Cruel and Shocking Act : the Secret History of the Kennedy Assassination. « Nous avions déjà vu la plupart des documents publiés hier soir », mais ils étaient alors « en partie censurés ».

« La plupart des documents les plus importants, en quelque sorte les documents super secrets, n'ont pas été publiés », a-t-il regretté, reconnaissant quand même quelques « informations intéressantes ». Il a cité notamment la colère du chef du FBI J. Edgar Hoover face à la défaillance « inexcusable » de la police de Dallas, incapable de protéger Lee Harvey Oswald malgré les maints avertissements que sa vie était menacée. Il a été assassiné dans les locaux de la police par Jack Ruby, un patron de boîte de nuit.

Toujours plus de théories conspirationnistes

Des centaines d'ouvrages et de films ont alimenté la thèse du complot, pointant du doigt principalement les adversaires communistes de la guerre froide, la mafia et même le vice-président Lyndon B. Johnson. Des hypothèses relancées après la sortie du film JFK d'Oliver Stone, en 1991. Face au débat décuplé, une loi a imposé en 1992 la publication de ces documents, en intégralité et sans censure, après 25 ans. Mais leur divulgation risque de ne pas suffire à faire taire même les thèses les plus folles.

« Quiconque pense qu'un document est intitulé Membres de la conspiration pour tuer le président Kennedy va attendre longtemps », a ironisé Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l'université de Virginie et auteur de The Kennedy Half-Century. Mais pour ceux qui veulent croire au complot, les dossiers maintenus secrets seront « considérés comme la pierre de Rosette », a-t-il souligné. « Cela va simplement alimenter encore plus les théories conspirationnistes. »

Ce que révèlent les archives secrètes sur l’assassinat de Kennedy

Donald Trump a fait publier jeudi la grande majorité des dossiers top secrets sur l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963, à Dallas. Et si le président américain a décidé de repousser de six mois la divulgation de plus de 200 archives jugées trop «sensibles», historiens, journalistes et passionnés s'attellent déjà à défricher les 2891 dossiers dévoilés, soit plus de cinq millions de pages. Vendredi, de premières découvertes ont d'ores et déjà été révélées au grand jour. Le Figaro fait le point.

» LIRE AUSSI – L'assassinat de Kennedy: cinq décennies de controverse

• Le FBI a prévenu la police de Dallas qu'une menace planait sur Oswald 

Quelques jours après la mort de «JFK», une commission d'enquête, la commission Warren, conclut qu'il a été tué par l'ancien Marine tireur d'élite, Lee Harvey Oswald, ayant agi seul. Le 24 novembre, ce jeune manutentionnaire est assassiné à la sortie d'un interrogatoire avec la police, empêchant tout procès à son encontre. Son agresseur n'est autre que Jack Ruby, un gérant de boîte de nuit. 

«La nuit dernière, notre antenne à Dallas a reçu un appel d'un homme, parlant d'une voix calme qui disait qu'il était membre d'un comité organisé pour tuer Oswald»

Edgar Hoover, la veille de l'assassinat de Lee Harvey Oswald

Un mémo écrit par le directeur du FBI de l'époque, Edgar Hoover, révèle que le Bureau fédéral avait averti la police de Dallas qu'une menace de mort planait sur Oswald. «La nuit dernière, notre antenne à Dallas a reçu un appel d'un homme, parlant d'une voix calme qui disait qu'il était membre d'un comité organisé pour tuer Oswald», décrit-il, le jour de la mort du tueur présumé de JFK. 

«Nous avons immédiatement averti le chef de la police et il nous a assuré qu'Oswald bénéficierait d'une protection suffisante. Ce matin, nous avons de nouveau appelé le chef de la police pour l'avertir de la possibilité d'actions contre Oswald, et il nous a assuré à nouveau qu'une protection adéquate lui serait accordée. Cependant, cela n'a pas été fait», déplore-t-il. 

• L'URSS croyait à un complot de l'ultra droite 

Parmi le flot intarissable de théories du complot qui jalonnent l'assassinat du 35e président américain, l'idée d'une conjuration organisée par l'URSS figure en bonne place. Car en 1963, les relations avec les Américains sont plus que tendues, en pleine Guerre froide. Or, une note du FBI va à contresens de cette idée. On apprend que les responsables soviétiques considèraient Oswald comme un «maniaque névrosé, déloyal envers son pays et tout le reste». 

Les dirigeants du parti communiste de l'URSS pensaient également qu'il y avait un «complot bien organisé de la part de l'ultra-droite aux États-Unis pour commettre un coup d'État». D'ailleurs, les Soviétiques craignaient que cet assassinat puisse servir de prétexte pour «arrêter les négociations avec l'Union soviétique, attaquer Cuba et par la suite répandre la guerre». Dans une autre note, on apprend que la CIA a envisagé à de nombreuses reprises de tuer l'emblématique dirigeant cubain, Fidel Castro. Ce dernier aurait fait part de son «heureux plaisir» après la mort de JFK, selon un document

• Oswald en voyage au Mexique 

D'après un mémo de la CIA, Lee Harvey Oswald se trouvait à Mexico le 28 septembre 1963, soit sept semaines avant l'assassinat de JFK. Il s'est rendu à l'ambassade soviétique et s'est entretenu avec le consul Valeriy Vladimirovich Kostikov. Selon l'agence de renseignement, cet officier du KGB était membre du département 13, une unité «responsable des sabotages et des assassinats». 

Trois jours plus tard, Oswald a appelé l'ambassade, s'est identifié par son nom, parlant le Russe de manière hésitante. Il s'est alors entretenu avec un membre inconnu de l'ambassade, et lui a posé des questions. Il a notamment demandé s'il y avait «du nouveau» sur un mystérieux «télégramme à Washington». 

Une autre note explique également que le FBI à Dallas a tenté de suivre et de localiser Lee Harvey Oswald, en octobre 1963, soit un mois avant la mort de JFK. Le jeune manutentionnaire était jugé «intéressant, selon des sources cubaines».

» LIRE AUSSI – À Dallas, sur les traces du président Kennedy assassiné

• Un appel mystérieux avant la mort de JFK 

Selon un document transmis par un directeur adjoint de la CIA au directeur du FBI, un journaliste d'un quotidien local britannique, The Cambridge News , a reçu un appel téléphonique anonyme, vingt-cinq minutes seulement avant la mort de John Fitzgerald Kennedy. «L'appelant a conseillé au journaliste d'appeler l'ambassade américaine à Londres à propos de grandes nouvelles, puis a raccroché.» Après la mort de JFK, le journaliste a informé la police de Cambridge et les services de renseignement britannique, le MI5. 

Contactée par Associated Press, Anna Savva, actuellement journaliste au Cambridge News, a assuré qu'il n'y avait «aucune trace» de cet événement dans la rédaction. «Personne ici ne sait qui a pris cet appel.» Canular ou non? Le mémo de la CIA ne tranche pas et fait simplement était «d'appels anonymes du même type» en Grande-Bretagne durant l'année précédente. Cet appel à Cambridge News avait déjà été évoqué dans les années 1980 par l‘avocat britannique Michael Eddowes, convaincu que l'assassin de Kennedy n'était pas Lee Harvey Oswald mais un imposteur soviétique qui aurait pris son identité. 

Lire l’article dans son intégralité sur lefigaro.fr

Archives sur la mort de Kennedy : révélations ou distraction ?

2 891 pages d’archives concernant l’assassinat du président américain John F. Kennedy en 1963 ont été déclassifiées, jeudi 26 octobre. Peu d’éléments probants sont sortis de ces documents mais surtout des informations sur l’ambiance dans les hautes sphères de l’État américain à l’époque.

Annoncée en grande pompe par Donald Trump, la déclassification de quelque 2 891 archives concernant l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 n’a pas accouché de révélations bouleversantes. “Bien qu’incomplets, ces documents étaient un trésor pour les enquêteurs, les historiens et les théoriciens du complot qui ont passé un demi-siècle à chercher des indices sur ce qu’il s’est réellement passé à Dallas ce jour funeste de 1963”, estime The New York Times.

En ressort surtout des informations sur l’ambiance dans les hautes sphères de l’État à l’époque. Voici les principaux nouveaux éléments qui ont retenu l’attention du New York Times :

 
  • “Un document rapporte la réaction de l’Union soviétique après le meurtre, indiquant que certains à Moscou présument qu’il s’agit d’un ‘putsch’ de ‘l’ultradroite’ qui serait mis sur le dos de l’Union soviétique.”
  • “Un télégramme du FBI daté d’avril 1964 décrit le trajet en bus d’Oswald au Mexique quelques semaines avant l’assassinat, avec les noms des personnes assises près de lui et même les vêtements qu’il portait.”
  • “Dans le mémo d’Hoover [directeur du FBI] deux jours après l’assassinat, il exprime son angoisse sur le meurtre d’Oswald qui pourrait créer des doutes chez les Américains. ‘Ce qui m’importe, écrit-il, est que nous ayons un élément qui puisse convaincre le public qu’Oswald est le véritable assassin.’”
  • “Dans une déposition de 1975, il est demandé à Richard Helms, l’ancien directeur de la CIA : ‘Y a-t-il une information liée l’assassinat du président Kennedy qui montre que Lee Harvey Oswald était d’une manière ou d’une autre un agent de la CIA ou un agent…’ Mais le document s’arrête là, et il manque la réponse de M. Helms.”

Comme le souligne The Washington Post, de nombreux documents évoquent Cuba, notamment la prévision de “la chute prochaine du régime communiste” ou encore la récompense de 100 000 dollars promise par le FBI pour le meurtre de Fidel Castro.

Pas ce qu’attendaient les théoriciens du complot

Dans The Guardian, le journaliste Jonathan Freedland estime que “les théories du complot comme celles sur JFK nous détournent des vrais problèmes que nous devons affronter”. Après avoir décortiqué les archives déclassifiées, il juge que “tout cela est intrigant, mais ce n’est pas ce que voulaient entendre les théoriciens du complot. Ils espéraient que cette manne de documents pourrait contenir le papier qui prouverait, une bonne fois pour toutes, ce qu’ils ont toujours clamé : que JFK a été par les Russes, la mafia, les Cubains, les autres Cubains, le FBI, la CIA, ou un mélange de tous ceux-là.”

Environ 300 pages d’archives restent classifiées et devraient être rendues publiques dans les 180 jours, comme prévu par la loi américaine, à moins d’un véto du président Trump. “Ces documents ne mettront fin ni au débat ni aux spéculations, certains pourraient même créer de nouvelles questions”, conclut The New York Times.

Assassinat de Kennedy : ce que révèlent les archives secrètes

Douchons d'emblée les espoirs les plus fous : les archives mises en ligne ce vendredi par l'administration Trump ne lèvent pas le voile sur les zones d'ombre entourant l'assassinat du président américain John F. Kennedy. A vrai dire, les 2.891 dossiers rendus publics posent plus de nouvelles questions qu'ils n'apportent de réponses.

Notons aussi que l'administration Trump a reporté de six mois la publication de quelques centaines d'entre eux, trop sensibles aux yeux des services secrets. Cette décision ne manquera pas d'alimenter les théories du complot.

Kennedy : 3.000 dossiers secrets publiés... mais Trump bloque les plus "sensibles"

Mais rien, dans les documents publiés, ne permet de démentir formellement la version officielle – JFK aurait été assassiné le 22 novembre 1963 par Lee Harvey Oswald, qui aurait agi seul, avant d'être lui-même assassiné quelques jours plus tard. Rien, non plus, ne permet de confirmer cette version.

 

Washington avait connaissance des contacts d'Oswald avec le KGB

L'assassin de JFK, Lee Harvey Oswald, s'est rendu à Mexico deux mois avant le meurtre de Dallas – cet épisode était déjà connu. L'ancien marine a appelé l'ambassade d'URSS et s'est entretenu avec un représentant du KGB. Dans l'une des notes, on peut lire :

"Selon un appel téléphonique intercepté à Mexico City, Lee Oswald s'est rendu à l'ambassade soviétique le 28 septembre 1963 et s'est entretenu avec le consul, Vladimirovich Kostikov."

La CIA a été informée le 1er octobre, quand Oswald a téléphoné "en se présentant sous son propre nom et en parlant un russe hésitant". Il aurait demandé "s'il y avait du nouveau concernant le télégramme envoyé à Washington". Quant au FBI, il évoque la visite d'Oswald à Mexico dans une note en octobre.

Les services étaient donc informés de ce contact d'un citoyen américain avec une puissance ennemie – nous sommes en pleine guerre froide, quelques mois après la crise des missiles de Cuba - mais ne sont pas intervenus.

Oui, Oswald était le seul tireur. Voici pourquoi

Il est 12h30 lorsque trois coups de feu retentissent au passage de la limousine. La première balle rate sa cible, la deuxième touche John F. Kennedy au cou, la troisième l'atteint à la tête. Jacqueline Kennedy tente alors, dans un geste désespéré, de récupérer un bout de cervelle de son mari, comme le montre la célèbre vidéo amateur de l'événement réalisée par Abraham Zapruder. (Capture d'écran/Zapruder)

Moscou a suspecté le vice-président Johnson

Le voyage d'Oswald à Mexico permet-il d'accuser Moscou ? Pas si l'on en croit les réactions russes. Car les services secrets soviétiques, eux aussi, ont enquêté sur l'assassinat de Kennedy. Dans un mémo classé top secret et daté du 1er décembre 1963, le FBI rapporte l'état d'esprit des soviétiques. Le "Daily Mail" résume :

"Les documents montrent que l'Union soviétique était aussi obsédée par les théories du complot que l'était le reste du monde, jusqu'à considérer que le vice-président Lyndon B. Johnson était derrière l'assassinat."

Selon les mémos eux-mêmes, les plus hauts dirigeants de l'URSS ont envisagé un complot :

"Selon notre source [à Moscou], des officiels du Parti communiste de l'Union soviétique ont cru qu'il existait une conspiration soigneusement organisée par une partie de l'ultra-droite américaine pour réaliser un coup d'Etat."

Selon la note du 1er décembre, Moscou a même craint le déclenchement d'un conflit nucléaire : 

"Ils semblent convaincus que l'assassinat n'est pas l'œuvre d'un seul homme, mais la conséquence d'une campagne soigneusement planifiée impliquant plusieurs personnes. Ils ont le sentiment que les hommes impliqués pourraient exploiter l'assassinat et jouer sur les sentiments anti-communistes aux Etats-Unis pour mettre fin aux négociations avec l'Union soviétique, attaquer Cuba et ensuite répandre la guerre. En raison de ces intuitions, l'Union soviétique a été immédiatement placée en état d'alerte.

Notre source a ajouté que les officiels soviétiques redoutaient qu'en l'absence de leadership, un général américain irresponsable puisse lancer un missile sur l'Union soviétique."

Dans une note datée de mai 1964, la source rapporte une conversation avec Khrouchtchev lui-même. Le dirigeant de l'URSS aurait déclaré qu'il ne croyait pas les services de sécurité américains assez "ineptes" pour laisser Kennedy se faire assassiner sans qu'il s'agisse d'une conspiration. Et quand on lui suggérait qu'Oswald était un fou, qu'il avait agi seul :

"Khrouchtchev a répondu catégoriquement qu'il n'y croyait pas."

Johnson membre du Ku Klux Klan ?

Toujours au sujet du vice-président Johnson et de l'extrême droite, un rapport du FBI suggère que l'homme qui a succédé à Kennedy avait été membre du Ku Klux Klan, l'organisation suprématiste blanche. Selon une note du FBI :

"Il existe une preuve que le président Johnson a été membre du Klan au Texas durant les premières années de sa carrière politique."

Mais cette preuve n'est pas produite.

Fidel Castro mis hors de cause

Un rapport d'une centaine de pages, rédigé par la CIA en 1979, revient sur le soupçon d'un assassinat organisé depuis Cuba, pour l'écarter. La note rappelle les tentatives américaines d'élimination du leader cubain, mais ne croit pas que l'inverse ait eu lieu :

"Le Conseil ne croit pas que Castro aurait voulu l'assassinat du président Kennedy, car un tel acte, s'il avait été découvert, aurait fourni aux Etats-Unis un prétexte pour détruire Cuba. (...) Le risque était trop grand."

Des menaces de morts contre Oswald

Une information retrouvée dans les archives d'Edgar Hoover, le puissant directeur du FBI de 1924 jusqu'à sa mort en 1972, ne manque pas d'intriguer. Après l'arrestation de Lee Harvey Oswald, alors que le meurtrier est en prison, le FBI a reçu un appel téléphonique d'une personne affirmant appartenir à un groupe chargé de le tuer.

Cependant il n'y a pas eu de réaction : ni protection supplémentaire pour Oswald, ni tentative de retrouver l'auteur de l'appel – ou bien cette tentative n'a pas été dévoilée.

La dernière journée de John F. Kennedy

Le chef du FBI tenait à écarter la piste d'une conspiration 

Un autre des documents montre à quel point le patron du FBI était préoccupé par la réaction de l'opinion publique américaine. Edgar Hoover a déclaré :

"Ce qui me préoccupe, c'est d'avoir des pièces susceptibles de convaincre le public qu'Oswald est bien l'assassin."

Cette formule ne permet pas de dire s'il pensait lui-même qu'Oswald était le seul responsable, ou bien s'il croyait à une conspiration mais voulait la passer sous silence, relève "The Daily Mail".

"Hoover dit aussi explicitement sa prise en compte de considérations diplomatiques, suggérant qu'il pourrait y avoir de lourdes conséquences si l'opinion américaine pensait qu'Oswald avait agi pour le compte d'une puissance étrangère", poursuit "The Daily Mail". Auditionné par la commission Warren, Hoover a par la suite déclaré qu'il n'avait jamais vu le moindre indice d'un complot.

Un mystérieux coup de téléphone au Royaume-Uni

L'agence Associated Press signale pour sa part un mémo adressé au directeur du FBI, le 26 novembre 1963, au sujet d'un appel reçu par le journal "Cambridge News", le jour de l'assassinat. L'homme au téléphone a déclaré "qu'un journaliste du 'Cambridge News' devrait appeler l'ambassade américaine à Londres pour un gros événement, et a ensuite raccroché".

Toujours d'après cette note, les services britanniques du MI5 ont établi que l'appel avait été passé 25 minutes avant que Kennedy ne soit abattu. Difficile de dire s'il y a réellement un lien avec les événements de Dallas…

Que conclure de la publication des milliers de documents restés confidentiels durant un demi-siècle ? Gerald Posner, l'auteur de "Case Closed", une enquête affirmant qu'Oswald avait agi seul, prédit les réactions de ceux qui croient à un complot :

"Personne ne va abandonner sa conviction qu'un complot a été ourdi parce que la publication des dossiers ne le prouve pas. Ils diront simplement qu'ils ont été détruits ou dissimulés."

Affaire Kennedy: ce que les nouveaux fichiers révèlent jusqu’à présent

D’autres documents suivront. Le président américain a donné 6 mois aux services de renseignement pour éplucher les documents jugés sensibles et en censurer les parties les plus délicates.

© AP
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Après un suspense long de plus d’un demi-siècle, l’administration Trump a publié jeudi près de 3.000 dossiers secrets sur l’assassinat du président américain John F. Kennedy.

Si ces documents sont nombreux et prendront du temps à être épluchés par les spécialistes et passionnés de l’affaire, certains faits ont déjà pu être établis.

► Lee Harvey Oswald a parlé à des membres de «  la cellule d’assassinat du KGB  » selon une conversation téléphonique interceptée à Mexico City.

► Un journal local britannique a été «  prévenu à l’avance  ». Un journaliste du « Cambridge Evening News » a reçu un appel téléphonique anonyme lui conseillant de téléphoner à l’ambassade des États-Unis pour un scoop 25 minutes avant l’assassinat de JFK. Cette information provient d’un mémo d’un directeur adjoint de la CIA au directeur du FBI, J. Edgar Hoover.

► Le FBI essayait d’attraper Oswald avant l’assassinat de Kennedy. Cette information a été découverte grâce à des mémos de la cellule du FBI à la Nouvelle Orléans. Un agent de cette cellule a écrit qu’Oswald était «  une personne d’intérêt  » d’après une source cubaine.

► Les documents comprennent un long rapport sur les complots et programmes d’assassinat de la CIA et plusieurs pages de reçus et de comptabilité s’élevant à des centaines de milliers de dollars dépensés dans des programmes secrets. Beaucoup ont été dirigés à Cuba, d’autres en République dominicaine, au Congo et au nord et au sud du Vietnam. Selon un «  résumé des faits  » datant de 1975, la CIA a aussi considéré l’idée de tuer le leader Patrice Lumumba et le président indonésien Sukarno.

► J. Edgar Hoover s’est inquiété de voir apparaître une «  théorie conspirationniste  » au sein de la population qui remettait en question concernant la culpabilité de Oswald dans l’assassinat de JFK.

► Les Soviétiques considéraient Oswald comme un «  maniaque névrosé  » qui «  n’était loyal ni envers son propre pays, ni envers n’importe quoi d’autre  ». Ils redoutaient que l’assassinat de JFK soit un coup d’État de la part de la droite américaine ou alors, qu’un général un peu trop téméraire de l’armée US réagisse à l’assassinat en lançant un missile, faisant éclater par la même occasion une nouvelle guerre.

► Fidel Castro a expliqué à des officiels américains que Cuba n’était pas impliqué dans l’assassinat lors d’une visite de ces derniers sur l’île en 1978. Malgré cela, un mémo de la CIA raconte que l’ambassadeur de Cuba aux États-Unis a réagi à l’annonce de l’assassinat avec un plaisir non dissimulé.

► Le FBI a prévenu la police de Dallas d’une menace de mort pesant sur Oswald, selon un mémo du directeur du FBI.

 

Il reste encore beaucoup de documents à analyser et d’informations à croiser avant que la lumière soit totalement faite sur l’assassinat de John F. Kennedy. D’autres documents suivront. Le président américain a donné six mois aux services de renseignement, jusqu’au 26 avril 2018, pour éplucher les documents jugés sensibles et en censurer, le cas échéant, les parties les plus délicates.

Dossiers Kennedy: les premières révélations des archives déclassifiées

Si plusieurs semaines seront nécessaires aux experts pour éplucher les près de 3.000 dossiers secrets publiés jeudi sur l'assassinat de John F. Kennedy, quelques informations présentes dans ces archives ont déjà été révélées.

2.891. C'est le nombre de dossiers déclassifiés sur l'assassinat de John F. Kennedy publiés jeudi par Washington sur le site des Archives nationales américaines. Soit 134 pages d'informations, composées d'une cinquantaine de liens chacune, que vont chercher à analyser les experts dans les jours à venir.

Deux informations révélées

Selon notre éditorialiste politique internationale Ulysse Gosset, deux informations ressortent déjà de ces archives, et du travail entrepris par les milliers d'experts de l'assassinat de John F. Kennedy présents aux Etats-Unis.

"La première chose que l'on apprend, c'est que sept semaines avant l’assassinat de Kennedy en 1963, Lee Harvey Oswald, le tueur présumé (et ancien Marine tireur d'élite, NDLR) était à Mexico, et a appelé l’ambassade de l’Union soviétique", explique-t-il. "Il a parlé et posé des questions au résident du KGB. La CIA était informée de cet appel, et pourtant elle n'a rien dit ni fait. En général, lorsqu'un Américain téléphone au résident du KGB, on s'intéresse à lui. Là ce n'était pas le cas".

"La deuxième chose que l'on apprend, c'est que lorsque Oswald est arrêté, lorsqu'il est en prison après l'assassinat, le FBI reçoit l'appel d'un mystérieux personnage qui affirme appartenir à un groupe chargé de tuer Oswald" poursuit Ulysse Gosset. "Et à ce moment là rien ne se passe non plus. Personne n’agit, personne n’essaye de le protéger, personne ne remonte la filière. C'est Edgar Hoover (premier directeur du FBI, de 1924 à 1972, NDLR) qui l'indique dans ces documents secrets. Pourquoi le FBI n’a rien fait? Pourquoi la CIA n’a rien fait?".

"En fait, on apprend qu’il y a des questions sans réponses, et on aimerait bien connaître la vraie raison de l’absence d’action de la CIA ou du FBI, avant ou après l’assassinat de Kennedy", estime notre éditorialiste.

Pression de la CIA et du FBI sur Trump

Au-delà de ces deux premières informations, une frustration surgit chez les experts après la publication de ces archives, causée par le choix de Donald Trump de repousser de six mois la mise en ligne de plusieurs centaines de documents jugés trop "sensibles". Selon des responsables de son administration, le président américain aurait suivi l'avis de la CIA, du FBI et d'autres services de renseignements pour parvenir à cette décision.

 

"Si j’étais Américain et admirateur de Trump je dirais, ‘Donald, c’est un fiasco. Tu nous as promis la Lune et on n’a rien de sensible’", déclare Ulysse Gosset. "Car il y a près de 300 pages qui manquent à la publication des archives. Alors vous pouvez aller cliquer et jouer à l’agent du FBI, les documents originaux sont là, c’est fabuleux de voir ça. Mais ceux qui ne sont pas publiés sont les plus importants".

La pression exercée sur Donald Trump par les services secrets trahit une certaine fébrilité du président américain, selon l'éditorialiste:

"Il y a quand même une grosse déception: Donald Trump a de nouveau cédé à la pression de la CIA, du FBI, des services à l’Etat profond. Et ça révèle deux choses: d’abord que le président américain n’est pas tout-puissant. Même s’il dit ‘je veux que l’on publie des archives’ comme le prévoit la loi, et bien il ne peut pas le faire. Et deuxièmement, ça prouve qu'il y a toujours une bataille fondamentale entre Trump et les services secrets, qui lui mettent des bâtons dans les roues", rapporte-t-il.

"Où sont les vrais secrets?"

Le report de ces documents jugés "sensibles" devrait à nouveau alimenter la théorie du complot outre-Atlantique.

"Les complotistes vont dire aujourd’hui: ‘Vous vous moquez du monde! Vous allez nous dire la vérité, et on n’a pas cette vérité'. On ne sait pas d’où venait cette balle magique par exemple, qui a tué à la fois Kennedy et qui a touché le gouverneur. Où sont les vrais secrets, où sont les vraies réponses aux questions que l’Amérique se pose depuis plus d’un siècle?", s'interroge-t-il. Avant de conclure:

"C’est l’une des plus grandes énigmes du siècle dernier et elle va le rester malheureusement. Sauf si dans six mois Trump tape du poing sur la table et dit à la CIA de donner son feu vert pour publier les pièces qui manquent".

Ce que révèlent les archives secrètes sur l'assassinat de Kennedy Par Le Figaro

Les premiers dossiers concernant l'attentat mortel du président américain le 22 novembre 1963 ont été déclassifiés ce jeudi.

 

Donald Trump a fait publier jeudi la grande majorité des dossiers top secrets sur l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963, à Dallas. Et si le président américain a décidé de repousser de six mois la divulgation de plus de 200 archives jugées trop «sensibles», historiens, journalistes et passionnés s'attellent déjà à défricher les 2891 dossiers dévoilés, soit plus de cinq millions de pages. Vendredi, de premières découvertes ont d'ores et déjà été révélées au grand jour. Le Figaro fait le point.

 

Le FBI a prévenu la police de Dallas qu'une menace planait sur Oswald

 

Quelques jours après la mort de «JFK», une commission d'enquête, la commission Warren, conclut qu'il a été tué par l'ancien Marine tireur d'élite, Lee Harvey Oswald, ayant agi seul. Le 24 novembre, ce jeune manutentionnaire est assassiné à la sortie d'un interrogatoire avec la police, empêchant tout procès à son encontre. Son agresseur n'est autre que Jack Ruby, un gérant de boîte de nuit.

 

Un mémo écrit par le directeur du FBI de l'époque, Edgar Hoover, révèle que le Bureau fédéral avait averti la police de Dallas qu'une menace de mort planait sur Oswald. «La nuit dernière, notre antenne à Dallas a reçu un appel d'un homme, parlant d'une voix calme qui disait qu'il était membre d'un comité organisé pour tuer Oswald», décrit-il, le jour de la mort du tueur présumé de JFK.

«Nous avons immédiatement averti le chef de la police et il nous a assuré qu'Oswald bénéficierait d'une protection suffisante. Ce matin, nous avons de nouveau appelé le chef de la police pour l'avertir de la possibilité d'actions contre Oswald, et il nous a assuré à nouveau qu'une protection adéquate lui serait accordée. Cependant, cela n'a pas été fait», déplore-t-il.

L'URSS croyait à un complot de l'ultra droite

Parmi le flot intarissable de théories du complot qui jalonnent l'assassinat du 35e président américain, l'idée d'une conjuration organisée par l'URSS figure en bonne place. Car en 1963, les relations avec les Américains sont plus que tendues, en pleine Guerre froide. Or, une note du FBI va à contresens de cette idée. On apprend que les responsables soviétiques considèraient Oswald comme un «maniaque névrosé, déloyal envers son pays et tout le reste».

Les dirigeants du parti communiste de l'URSS pensaient également qu'il y avait un «complot bien organisé de la part de l'ultra-droite aux États-Unis pour commettre un coup d'État». D'ailleurs, les Soviétiques craignaient que cet assassinat puisse servir de prétexte pour «arrêter les négociations avec l'Union soviétique, attaquer Cuba et par la suite répandre la guerre». Dans une autre note, on apprend que la CIA a envisagé à de nombreuses reprises de tuer l'emblématique dirigeant cubain, Fidel Castro. Ce dernier aurait fait part de son «heureux plaisir» après la mort de JFK, selon un document.

Oswald en voyage au Mexique

D'après un mémo de la CIA, Lee Harvey Oswald se trouvait à Mexico le 28 septembre 1963, soit sept semaines avant l'assassinat de JFK. Il s'est rendu à l'ambassade soviétique et s'est entretenu avec le consul Valeriy Vladimirovich Kostikov. Selon l'agence de renseignement, cet officier du KGB était membre du département 13, une unité «responsable des sabotages et des assassinats».

Trois jours plus tard, Oswald a appelé l'ambassade, s'est identifié par son nom, parlant le Russe de manière hésitante. Il s'est alors entretenu avec un membre inconnu de l'ambassade, et lui a posé des questions. Il a notamment demandé s'il y avait «du nouveau» sur un mystérieux «télégramme à Washington».

Une autre note explique également que le FBI à Dallas a tenté de suivre et de localiser Lee Harvey Oswald, en octobre 1963, soit un mois avant la mort de JFK. Le jeune manutentionnaire était jugé «intéressant, selon des sources cubaines».

Un appel mystérieux avant la mort de JFK

Selon un document transmis par un directeur adjoint de la CIA au directeur du FBI, un journaliste d'un quotidien local britannique, The Cambridge News , a reçu un appel téléphonique anonyme, vingt-cinq minutes seulement avant la mort de John Fitzgerald Kennedy. «L'appelant a conseillé au journaliste d'appeler l'ambassade américaine à Londres à propos de grandes nouvelles, puis a raccroché.» Après la mort de JFK, le journaliste a informé la police de Cambridge et les services de renseignement britannique, le MI5.

Contactée par Associated Press, Anna Savva, actuellement journaliste au Cambridge News, a assuré qu'il n'y avait «aucune trace» de cet événement dans la rédaction. «Personne ici ne sait qui a pris cet appel.» Canular ou non? Le mémo de la CIA ne tranche pas et fait simplement était «d'appels anonymes du même type» en Grande-Bretagne durant l'année précédente. Cet appel à Cambridge News avait déjà été évoqué dans les années 1980 par l‘avocat britannique Michael Eddowes, convaincu que l'assassin de Kennedy n'était pas Lee Harvey Oswald mais un imposteur soviétique qui aurait pris son identité.

 
 

Affaire JFK: mais qui est réellement Oswald?

La récente déclassification de 2891 documents sur l’affaire Kennedy permet de mieux comprendre la trajectoire de Lee Harvey Oswald, un paumé asocial, amateur d’armes à feu et marxiste. Portrait.

 

Quand il quitte sa femme endormie, ce matin du 22 novembre 1963, Lee Harvey Oswald laisse sur la table de chevet son alliance et la jolie somme, pour l’époque, de 170 dollars. A son voisin, Buell Frazier, qui lui demande ce qu’il peut bien transporter dans ce paquet oblong qu’il charge dans le coffre de sa voiture, il répond qu’il s’agit d’une tringle à rideaux… Quelques heures plus tard, à 12 h 29 précises, Oswald tire trois coups de feu depuis le cinquième étage d’un dépôt de livres scolaires, en direction de Dealey Plaza où circule le cortège présidentiel. L’une des balles touche John Fitzgerald Kennedy au cou, une autre lui explose l’avant du crâne, tuant le trente-cinquième président des Etats-Unis. Sept secondes comme une éternité qui met fin à une certaine idée de l’Amérique. Le choc est inouï. Dès l’arrestation d’Oswald, on doute qu’il ait pu agir seul, comme si l’homme n’était pas à la hauteur de son crime. Comment ce paumé asocial de 24 ans et son fusil Mannlicher-Carcano acheté par correspondance 12 dollars et 78 cents ont pu atteindre le leader de la plus grande puissance mondiale? Pendant plus de cinquante ans, cette question va susciter controverses et fantasmes, les théoriciens du complot voyant dans cet assassinat tantôt la main de la mafia, des exilés anticastristes, de J. Edgar Hoover ou du complexe militaro-industriel.

C’est donc peu dire que la déclassification de près de 3000 documents la semaine dernière était attendue. A l’intérieur, cependant, aucune révélation susceptible de remettre en cause la version officielle du tireur isolé retenue par la Commission Warren en 1964. Mais des textes décrivant l’ambiance de psychose collective de ces années post-crise des missiles, ainsi que des informations permettant d’affiner le parcours de Lee Harvey Oswald, avec le sentiment lancinant que le FBI et la CIA ont failli. Alors qu’ils surveillaient depuis longtemps ce communiste affirmé aux relations troubles, comment ces services n’ont pas réussi à prévenir l’assassinat de JFK? Car tout dans l’incroyable trajectoire d’Oswald conduisait au drame.

 

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Lee Harvey Oswald pose avec sa femme Marina et leur fille June, en 1962. Derrière un sourire de facade, Oswald alterne petits boulots et chômage, commence à battre sa femme et se passionne pour les armes à feu. Photo: Getty Images

 

«Fantasme d’omnipotence»
L’homme naît le 18 octobre 1939 à La Nouvelle-Orléans. Son père Robert étant décédé deux mois avant d’une crise cardiaque, il est élevé par une mère seule, abusive et instable, Marguerite, qui déménage sans cesse. A 18 ans, il aura ainsi connu pas moins de 22 domiciles et 12 écoles. Très tôt, il est pris d’accès de violence, allant jusqu’à menacer sa mère avec un couteau. A 14 ans, il est suivi par un psychiatre, qui conclut à une personnalité «dangereuse», avec «tendance au passage à l’acte brutal» et «fantasme d’omnipotence». Le médecin recommande un traitement continu. Le jeune Lee ne terminera jamais l’école. Parallèlement, il se réfugie dans la lecture de livres politiques marxistes. Il écrit dans son journal intime: «Je cherchais la clé de mon monde. Puis j’ai découvert la littérature socialiste et j’ai dû chercher mes livres sur les étagères poussiéreuses des bibliothèques.» Dans un pays marqué par le maccarthysme et la «peur du rouge», ce genre d’ouvrages n’occupait guère les premiers rayonnages.

Pourtant, malgré ses nouvelles convictions, il s’engage au lendemain de ses 17 ans dans le corps des marines, pour fuir sa mère. Il se révèle un piètre soldat. Seul élément louable – qui aura son importance –, il obtient un score de 212 à l’examen de tir, qui lui permet de décrocher de justesse la mention de tireur d’élite. De constitution frêle (61 kilos pour 1 m 73 le jour du recrutement), il est surtout l’objet de moqueries. Et ce ne sont pas ses opinions marxistes qui l’aident à gagner en popularité auprès de camarades qui le surnomment «Oswaldskovich». En 1959, l’homme fait défection. Il prétexte une maladie de sa mère pour quitter l’armée, mais part en réalité pour l’URSS, qu’il atteint après un voyage rocambolesque, via Le Havre, Southampton et Helsinki. Il y demande la citoyenneté russe, soulignant, dans une lettre adressée au Soviet suprême, «ses qualités de travailleur et de communiste». Moscou refuse, se méfie de celui qui est décrit dans les rapports du KGB comme un «maniaque névrosé, déloyal à son pays». Affolé, Lee Harvey Oswald s’ouvre les veines dans la baignoire de sa chambre d’hôtel. Pour éviter le scandale – la tentative de suicide d’un soldat américain sur sol russe –, les autorités l’autorisent à rester, mais l’envoient vivre à Minsk, où ils lui obtiennent un travail d’ouvrier dans une usine électronique. Le KGB ne le perdra jamais de vue.

Fait étonnant, les Etats-Unis ne réagissent pas officiellement à la désertion en Union soviétique d’un de leurs marines. Un simple soldat, certes, mais qui a été formé comme opérateur d’électronique aéronautique, et possède ainsi des connaissances sur les systèmes radars et sur le fameux avion espion U2. La CIA se bornera à le surveiller de loin. Pour la petite histoire, en 1960, celle-ci contacte la police fédérale suisse. Elle a appris qu’Oswald s’était inscrit pour suivre des cours à l’institut Albert Schweitzer, à Churwalden, dans les Grisons. Il s’avérera que Lee Harvey Oswald ne s’y est jamais rendu, mais qu’il a bien payé une avance de 25 dollars pour son inscription.

Au pays des Soviets, Lee Harvey Oswald déchante. En janvier 1961, il écrit: «Je commence à reconsidérer mon désir de rester. Le travail est terne. Il n’y a pas d’endroit pour dépenser l’argent que je gagne, pas de boîte de nuit ou de bowling, pas de lieux de récréation sauf les danses syndicales. J’en ai eu assez…» C’est justement à l’un de ces bals qu’il rencontre une jeune étudiante en pharmacie de 19 ans, Marina Prusakova. Ils se marient dans le mois. Une année et un bébé – une fille appelée June – plus tard, les Oswald rentrent aux Etats-Unis, en juin 1962, où, étrangement, le Département d’Etat l’a autorisé à revenir. Lee Harvey se vante à Marina qu’il sera attendu à sa descente d’avion par une nuée de photographes. Il n’y a personne… Le couple s’installe à Fort Worth, près de Dallas. Ils vivotent. Lui se montre solitaire, taciturne, enchaîne les petits boulots, le chômage, commence à battre sa femme. Il lui demande de le photographier posant dans le jardin avec des armes à feu. Marina confiera aux enquêteurs que son mari rêvait de jouer un rôle historique. Six mois avant la mort de JFK, le 10 avril 1963, Oswald va commettre une première tentative d’assassinat sur une personnalité politique, soit Edwin Walker, figure de l’ultradroite américaine et suprémaciste blanc. Il ratera son coup, la balle étant déviée par le rebord d’une fenêtre. Cet épisode ne sera connu qu’après sa mort.

Lee Harvey Oswald fonde à cette période une section régionale – il est le seul membre – de Fair Play for Cuba, un groupuscule qui milite pour la fin de l’embargo. Il rêve de rejoindre l’île. Mais impossible depuis les Etats-Unis. Le 26 septembre, il se rend en bus à Mexico. Arguant de son soutien à Fidel Castro, il engage un va-et-vient frénétique entre les deux ambassades, russe et cubaine, afin d’obtenir un visa pour La Havane. Dans la capitale mexicaine, alors véritable nid d’espions, il rencontre différents membres de services secrets de ces deux pays. Oscar Marino, ex-agent cubain, affirmera qu’Oswald, «en pleine haine de son pays», avait déclaré vouloir assassiner Kennedy. Un tel comportement attire l’attention de l’antenne locale de la CIA, qui le met sur écoute. Ces informations ont-elles été transmises à Washington? C’est l’une des énigmes qui demeurent encore aujourd’hui.

 

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Au printemps 1963, Oswald pose dans son jardin avec son fusil Carcano et deux journaux marxistes. Le cliché, longtemps controversé, ne sera définitivement authentifié qu’en 2015. Photo: Dukas

 

Oswald tué à son tour…
Mais Cuba se garde de cet ancien soldat américain prétentieux. «Une personne comme vous, au lieu d’aider la révolution cubaine, lui fait du mal», justifie l’officier consulaire qui lui refuse le visa. Mortifié, Oswald rentre au Texas. Le 21 novembre, dans les colonnes du Dallas Herald Tribune, il découvre que, le lendemain, le cortège du président Kennedy passera devant les locaux du dépôt de livres scolaires où il travaille comme manutentionnaire. La suite fait partie de l’histoire… Moins de quarante-huit heures après l’assassinat de JFK, Lee Harvey Oswald est a son tour tué, dans les sous-sols d’un commissariat, par Jack Ruby, un patron de boîtes de nuit aussi sulfureux que paranoïaque, dont les motivations n’ont jamais pu être éclaircies. Une mort qui n’a fait qu’épaissir l’une des plus grandes énigmes du XXe siècle. Reste que seul ou manipulé, Lee Harvey Oswald, paumé asocial de 24 ans, a réussi à tuer l’un des hommes les mieux protégés de la planète. Il est entré dans les livres d’histoire. En octobre 2013, à Boston, son alliance sera adjugée 108 000 dollars dans une vente aux enchères.

Commentaires (31)

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Date de dernière mise à jour : 18/12/2017