Assassinat de Kennedy : à qui appartient le cercueil d'Oswald ?

Robert Oswald, aîné de Lee Harvey, poursuit les pompes funèbres qui ont mis en vente le cercueil de son frère.

C’est un procès particulier qui s’ouvre à Fort Worth, Texas. L’objet du litige ? Un cercueil. Mais pas n’importe lequel, celui de Lee Harvey Oswald, assassin présumé de John Fitzgerald Kennedy, enterré en 1963. Robert Oswald, le frère de Lee Harvey, poursuit en justice M. Baumgardner, responsable des funérailles du tireur de Dallas, pour avoir essayé de revendre le cercueil de son frère.

«C’est une affaire particulièrement intéressante, avec des implications historiques», explique Gant Grimes l’avocat de Robert Oswald à Usa Today. «Le cas est fascinant mais les faits sont extrêmement simples : une partie a vendu ce qui appartient à l’autre partie.»

L’histoire commence en 1981, quand la justice ordonne d’exhumer le corps de l’assassin présumé pour s’assurer qu’il se trouve bien dans son cercueil (la rumeur d’un sosie envoyé par l’URSS avait circulé). Après vérification, le corps est confié aux Baumgardner pour être replacé en terre. Mais le cercueil original en pin d’une valeur de 300 dollars étant trop endommagé pour être réutilisé, les pompes funèbres le remplacent. «Vu qu’il n’était pas réutilisable, j’ai pensé qu’il avait juste été détruit», témoigne Robert Oswald.

Mais les pompes funèbres Baumgardner n’en ont rien fait. Au lieu de ça, le cercueil endommagé a été gardé dans un entrepôt pendant près de trente ans avant d’être proposé à la vente chez Nate D. Sanders Fine Autographs & Memorabilia en Californie. Un acquéreur anonyme l’achète rapidement pour 87 468 dollars en 2010. Mais l’histoire remonte jusqu’à Robert Oswald qui s’oppose à la vente. Le frère du tireur estime être le légitime propriétaire du cercueil, étant donné qu’il a lui même réglé tous les frais des funérailles.

Argument irrecevable pour Brett Myers, avocat de la défense, rapporte USA Today. Selon lui, Robert Oswald ne s’attendait pas à revoir le cercueil un jour, il s’agit donc d’un cadeau pour son frère. Une argumentation qui prive le plaignant de tout droit sur le cercueil. Myers poursuit : «La loi Texane dit clairement que si un homme meurt sans testament, ses biens reviennent à ses héritiers les plus proches. En l’occurrence sa veuve et ses filles. Pas son frère.» Ce qui arrangerait grandement les pompes funèbres Baumgardner: Marina, la veuve de Lee Harvey, ne souhaitant pas les poursuivre.

Un imbroglio judiciaire sur le droit de propriété, que l’aspect peu conventionnel de l’objet du litige ne simplifie pas. Les avocats espèrent que le juge Don Cosby rendra un verdict dans les quinze prochains jours.

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