L'Amérique n'a pas oublié le président Kennedy

 

C’est le 22 novembre 1963 que le président américain John Fitzgerald Kennedy a été assassiné à Dallas au Texas. Un anniversaire qui ne passe pas inaperçu aux Etats-Unis.

 

Depuis plusieurs jours, c’est une véritable JFK mania qui a envahi les médias. A côté des traditionnelles rétrospectives et des débats sans fin que suscite encore aujourd’hui cet assassinat, ils ont puisé dans leurs archives. Des documents rares comme celui-ci qui traduit bien la stupeur qui a saisi non seulement les Etats-Unis, mais le monde entier. A Boston, le chef de l’Orchestre Symphonique de la ville, Erich Leinsdorf, arrive sur la scène et il s’adresse au public.

C’est aussi le premier événement tragique de portée mondiale que la télévision a couvert en direct. Des heures et des heures d’images dont on n’avait jusqu’à présent vu que quelques courts extraits, souvent les mêmes.

Mais aujourd’hui, internet offre des possibilités de diffusion totalement nouvelles. C’est ainsi que la chaine CBS a décidé de diffuser sur son site l’intégralité de sa couverture de l’assassinat et ses suites, soit quatre jours d’émissions. La diffusion commencera le 22 novembre à la minute précise ou la chaine avait interrompu ses programmes il y a 50 ans. Le journaliste Walter Cronkite annonce que l’on a tiré sur le Président et le Gouverneur Connally et qu’ils ont été transportés à l’hôpital.

A ce moment-là on ne sait pas encore que le président est décédé. Il ne le confirmera que plus tard. Une annonce où se mêleront le professionnalisme anglo-saxon et une profonde émotion.

C’est aussi grâce aux nouvelles technologies que le film amateur noir et blanc de l’attentat a été complétement retravaillé. Il a été colorisé et remastérisé en quelque sorte. On y a intercalé des images reconstituées à partir de celles qui étaient disponibles sur l’original. Le résultat est saisissant car il est beaucoup plus stable et réaliste.

Et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres. Vous pouvez suivre tout ce qui se partage sur les réseaux sociaux via le mot-clé #jfk50. Mais au-delà des prouesses techniques et de l’agitation médiatique, ce qui frappe, c’est l’attachement de tant d’Américains pour qui ce jeune président a été une référence mythique qui les a accompagné tout au long de leur existence.

@AlainGerlache #médiaTIC

 

Cinquante ans après l'assassinat du président Kennedy, le 22 novembre 1963, de nombreuses interrogations subsistent. Le mystère persiste toujours pour de nombreux Américains. Les enquêtes et les commissions, qui ont tenté d'éclaircir les circonstances de la mort de JFK, n'ont pas dissipé les doutes.

 

Deux Américains sur trois refusent toujours de croire que Lee Harvey Oswald est le seul responsable de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. La version officielle est toujours très controversée. Certaines théories restent très populaires aux Etats-Unis… La CIA, l’URSS, les Cubains, voire même le vice-président Lyndon Johnson.

La piste mafieuse

Dans son livre "JFK. Le dernier jour", le journaliste François Forestier, grand connaisseur des Etats-Unis, s’oriente vers la piste mafieuse. "Il y a eu un complot mais un complot extrêmement minime. A savoir que la mafia a fait payer très cher la chasse qu'a menée Robert Kennedy qui était à l'époque ministre de la justice. Il a initié une chasse contre la mafia et la mafia lui a fait payer. Donc il y a en effet plusieurs personnes qui étaient au courant mais très peu. Je pense que les tireurs auraient été exécutés eux-mêmes très rapidement après. Ils ont disparu. A tout casser, il y avait une dizaine de personnes, peut-être même pas, au courant. "

"Un secret peut être gardé à trois si deux sont morts"

François Forestier revient sur deux grands noms de la mafia : les parrains Carlos Marcello et Santo Trafficante, tous deux menacés par le président Kennedy. "Le donneur d'ordre Carlos Marcello était le parrain de la mafia du sud des Etats-Unis. Il générait énormément d'argent - un milliard de dollars par an- à l'époque c'était colossal. Il avait été humilié par les frères Kennedy. Je pense qu’il s'est vengé tout simplement. Il avait fait afficher sur la porte de son bureau sa devise qui étai t: un secret peut être gardé à trois si deux sont morts, ce qui dit tout quand même".

Aucun président des Etats-Unis ne fascine autant que JFK. Avec le mystère entourant sa mort, l’affaire Kennedy reste l’une des plus grandes énigmes du XXe siècle.

Pierre Marlet et Nicolas Willems

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