"Une journée fraîche ne va pas nous empêcher de marquer une date importante de l’histoire", avait affirmé le maire de Dallas, Mike Rawlings, à la veille du cinquantième anniversaire de l’assassinat de JFK ce vendredi 22 novembre. Mais si les passionnés étaient par milliers au rendez-vous donné pour la première fois dans la ville texane, le froid et la pluie semblent avoir découragé une partie des 5000 personnes ayant reçu le bracelet jaune permettant d’accéder à la place où Kennedy a été assassiné et où se tenait la cérémonie. Même la tribune des officiels affichait quelques trous. Alors que de l’autre côté des barrières et barrages de police, des Texans étaient déçus de devoir suivre la cérémonie sur grand écran. "Voilà où la technologie nous a amenés", pestait par exemple Jennifer Itterly, qui avait fait le déplacement depuis la capitale du Texas et se faisait une joie d’honorer la mémoire des Kennedy ainsi que celle de ses parents disparus en revivant un moment fort de leur époque.

Le Français François Carlier relativisait en se disant qu’il prendrait la photo à montrer à sa famille quelques heures plus tard. Avec une telle organisation, "il n’y a peut-être plus la même émotion", supputait cet auteur d’un ouvrage sur l’assassinat et organisateur d’un congrès sur les persistances des théories du complot qui l’entourent, le 30 novembre à Roissy.

Pas de concert, ni de parade aérienne

Même si l’orchestre symphonique de Dallas a renoncé à se produire et que le survol de la place par l’Armée de l’air n’a pu avoir lieu à cause du mauvais temps, "l’émotion était là quand même", atteste néanmoins Cécile Hermier, qui avait fait le déplacement depuis Dijon. Avant d’écouter l’historien David McCullough rendre hommage à "un leader dont les mots changeaient les vies", "ce qui était bien, c’était d’échanger avec d’autres visiteurs étrangers et des Américains venus de tous les pays au sujet de Kennedy et de ce qu’il a apporté au monde", explique la Française. "Pour nous aussi, qui avons visité le musée de l’assassinat avec l’école quand nous étions enfants, c’est merveilleux de pouvoir assister à un tel hommage", commentait la trentenaire de Dallas Kristina McCook, venue avec sa sœur, mais pas trop en avance, pour éviter de s’exposer trop longtemps au froid.

Même si des "conspirationnistes" rejetant la thèse d’un tireur unique se rassemblent chaque année depuis 1964 sur le monticule herbeux où ils affirment qu’un second tireur a agi, "pendant longtemps, cela n’a pas semblé approprié de commémorer l’anniversaire de l’assassinat", explique Mary Lynn Chance, présente à l’arrivée de JFK à Dallas il y a cinquante ans et n’ayant depuis quitté la ville texane que le temps de ses études. "Nous ne refusions pas d’en parler. Mais nous ne voulions pas avoir l’air de célébrer l’occasion alors qu’on nous accusait d’avoir tué le président."

Une bonne opération pour Dallas

En parallèle d’hommages rendus au cimetière militaire d’Arlington où est enterré Kennedy, à la bibliothèque présidentielle de Boston et de par le monde dans les médias, la commémoration du cinquantième anniversaire de l’assassinat de JFK organisée à Dallas a aussi permis au maire de la ville d’en restaurer l’image internationale. "La tragédie a amené Dallas à se transformer. La ville a changé de substance et j’espère que le président Kennedy serait content de nos efforts."

Musées et guides touristiques n’ont en tout cas pas lésiné les leurs à l’occasion de cet anniversaire. A l’issue de la cérémonie, ils proposaient aux visiteurs de passage à Dallas pour l’anniversaire une série de visites spécialement prévues pour l’occasion.